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Le Columbia Express

Semaine du lundi le 2 septembre 2002

Le 6 septembre 1840, le Prince Rupert met le cap sur l’Angleterre chargé des sacs de courrier de l’année et du personnel de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) qui prend sa retraite. Bon nombre de ces lettres et passagers arrivent du fort Vancouver par le Columbia Express - un service de transport postal qui assura pendant 40 ans le plus rapide échange de nouvelles possible entre les postes de la CBH sur la côte du Pacifique et son siège social à Londres, en Angleterre.

L'itinéraire du <i>Columbia Express</i> vers 1850

L'itinéraire du Columbia Express vers 1850
© 2001 Gouvernement du Canada
Avec la permission des
Ressources naturelles du Canada

Le Columbia Express est un groupe de voyageurs qui transportent le courrier entre York Factory sur la baie d’Hudson et le fort Vancouver sur l’océan Pacifique, quittant York Factory à l’automne pour y revenir au printemps. La Compagnie du Nord-Ouest organise ce trajet en 1813 pour transporter rapidement les employés et le courrier entre Montréal et les nouveaux postes de traite sur le Pacifique (les marchandises lourdes prennent la route maritime par le cap Horn). L'Express croise deux lignes de partage des eaux (toutes deux font partie de l'actuelle Alberta): de l'Atlantique au bassin arctique à Portage La Biche, et du bassin pacifique au Col Athabasca. Avec quelques changements d’itinéraire et de matériel, l’Express est maintenu après la fusion de la Compagnie du Nord-Ouest et de la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1821.

Depuis York Factory, les voyageurs empruntent la rivière Hayes jusqu’au lac Winnipeg et à la rivière Saskatchewan. À Edmonton House, ils traversent par voie de terre jusqu’au fort Assiniboine et remontent la rivière Athabasca, pour parvenir aux montagnes Rocheuses. Après avoir franchi le col Athabasca dans les montagnes, ils parcourent plus de 1 000 milles sur le fleuve Columbia avant d'arriver au fort Vancouver.

Ce voyage transcontinental prend entre 85 et 105 jours. Les hommes triment 17 heures par jour et surmontent bien des défis. Souvent, les provisions s’épuisent à cause de retards imprévus et, comme les pistes ne sont pas toujours clairement marquées, le risque de s'égarer est considérable. Dans les Rocheuses, les voyageurs échangent leurs embarcations contre des chevaux, puis des raquettes, qui doivent être de bonne qualité pour vaincre les cols des montagnes, car les voyageurs portent de lourdes charges d’effets personnels et de lettres.

Le <i>Columbia Express</i> escaladant<br>les Rocheuses

Le Columbia Express escaladant
les Rocheuses

© BAC / 1965-76-41

Sur le versant ouest, les hommes de la CBH attendent les voyageurs de l’Express avec des embarcations. Ensemble, ils descendent les nombreux rapides dangereux du fleuve Columbia où les bateaux chavirent à l’occasion, les possessions personnelles se perdent, les bateaux se brisent parfois, leurs passagers se noyant dans les eaux tumultueuses. Pourtant, malgré tous ces dangers, le Columbia Express livre fidèlement et rapidement sa cargaison, assurant ainsi la communication « rapide » dont la compagnie a besoin pour que les affaires roulent comme il faut.

À cause du rôle qu’ils ont joué dans la traite des fourrures, de nombreux endroits le long du trajet du Columbia Express ont été désignés comme des lieux historiques nationaux du Canada, notamment le col Athabasca, York Factory, le fort Edmonton, le fort Assiniboine et le campement de bateaux.

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