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St. Joseph. . . la Sibérie du Haut-Canada

Semaine du lundi le 15 juillet 2002

« Une simple promenade », pensent les Américains quand, après avoir déclaré la guerre en juin 1812, ils s'apprêtent à envahir le Canada. Toutefois, le matin du 16 juillet 1812, ce sont les Britanniques qui donnent le coup d'envoi au conflit sanglant qui durera trois ans. Ils se déploient, à bord d'embarcations et non à pied, depuis un établissement frontalier éloigné situé sur l'île St. Joseph, à l'extrémité ouest du lac Huron.

Fort St. Joseph en 1804, peint par Lt. Edward Walsh

Fort St. Joseph en 1804, peint par Lt. Edward Walsh
© Bibliothèque William L. Clements, Université du Michigan

Le capitaine Charles Roberts, commandant du fort St. Joseph, a rassemblé 40 soldats britanniques, entre 300 et 400 guerriers autochtones, 200 commerçants de fourrures et deux canons de six livres. Prenant place à bord de canots, de bateaux et d'une goélette de la Compagnie du Nord-Ouest, cette troupe couvre 72 km en 17 heures et arrive à l'île Mackinac à trois heures, le matin du 17 juillet. À son réveil, le commandant américain Porter Hanks trouve son fort encerclé. Un canon de six livres, qui a été hissé pendant la nuit au sommet de la colline dominant le fort, est pointé dans sa direction. Hanks ne sait même pas que la guerre a éclaté. Mal préparé, confronté à des ennemis beaucoup plus nombreux, il n'a guère d'autre choix que de se rendre. Cette victoire permet aux Britanniques de cimenter l'alliance militaire avec les Premières nations tout au long de la guerre et de conserver leur emprise sur le commerce des fourrures et la frontière du Nord-Ouest.

Le fort St. Joseph était le poste militaire le plus à l'ouest du Haut-Canada au moment de sa construction, en 1796, après que les Britanniques eurent cédé le fort de l'île Mackinac aux termes du Traité de Paris. Des commerçants de fourrures et des représentants du British Indian Department s'y étaient établis. Chaque été, des discours, des célébrations et des cérémonies s'y déroulaient, à l'occasion de la distribution de cadeaux aux alliés autochtones et des rendez-vous des commerçants de fourrures. Après la victoire du 17 juillet 1812, le fort fut toutefois abandonné et des maraudeurs américains y mirent le feu deux ans plus tard.

Vue aérienne des ruines du Fort St. Joseph

Vue aérienne des ruines du Fort St. Joseph
© Parcs Canada

Les ruines du fort St. Joseph sont « redécouvertes » dans les années 1920. Dans les années 1960 et 1970, des fouilles archéologiques intensives mettent à jour la plupart des vestiges des structures situées à l'intérieur de la palissade, quelques bâtiments civils et des milliers d'objets façonnés. Ces ruines restent bien visibles dans un paysage qui a peu changé depuis le début du 19e siècle. Jadis un poste militaire éloigné qu'un soldat a déjà décrit de « Sibérie militaire du Canada », le fort St. Joseph est aujourd'hui un lieu historique national du Canada.

Pour plus d'information, visiter le site web du Fort-St. Joseph.

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