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La septième province

Semaine du lundi le 1er juillet 2002

Le 1er juillet 1873, l'Île-du-Prince-Édouard devient la septième province du Canada, une conjoncture favorable ayant incité les habitants de l'île, qui s'y sont refusés pendant près de dix ans, à se joindre à la Confédération.

James Colledge Pope

James Colledge Pope
© Bibliothèque et Archives Canada

Depuis 1864, les habitants de l'Î.-P.-É. rejettent l'idée d'adhérer à une union des colonies d'Amérique du Nord britannique. Ils sont attachés à leur statut de colonie indépendante et éprouvent un fort sentiment de patriotisme local. Ils craignent que la petite taille de l'île et sa faible population ne leur enlèvent tout pouvoir, ou presque, au sein de la fédération proposée.

Le gouvernement de l'île pense pouvoir maintenir la colonie. À la fin de 1867, il espère renouveler ses accords de réciprocité avec les États-Unis. Le Canada, dont les activités commerciales risquent d'être compromises par ces accords, tente quant à lui de convaincre l'Î.-P.-É. de se joindre à la Confédération. L'Î.-P.-É. refuse. Cependant, le gouvernement britannique est lui aussi contre les accords de réciprocité conclus. Voulant éviter tout préjudice à l'égard du nouveau pays, il intervient pour empêcher la conclusion d'accords avec les États-Unis. Toujours dans le but d'inciter l'Î.-P.-É à se joindre au Canada, il refuse également la demande de prêt du gouvernement de l'île, qui souhaite acheter les terres des propriétaires absents.

En 1870, la Union Association of Prince Edward Island voit le jour à Charlottetown. Cette organisation, qui vise à promouvoir la Confédération, compte parmi ses membres les plus éminents, J.C. Pope, qui désire que le gouvernement du Dominion construise un chemin de fer et investisse dans des travaux publics qui mettraient l'île sur le même pied que le reste du Canada. En 1872, cependant, le gouvernement de l'île décide de construire lui-même le chemin de fer. Malheureusement, le commerce est en dépression et le gouvernement frise la faillite. Comme il n'a pas les moyens de payer les entrepreneurs qui ont travaillé au chemin de fer, les travaux son interrompus.

Phare près du port de Charlottetown

Phare près du port de Charlottetown
© Parcs Canada / Barrett & Mackay / R.W. Henwood

Les hommes politiques de l'île songent à entrer dans la Confédération. Le premier ministre Robert Haythorne et David Laird négocient la plupart des conditions avec le Canada en février 1873. C'est toutefois J.C. Pope qui met la dernière main aux négociations après, avoir accédé au poste de premier ministre. Les habitants de l'île sont satisfaits de ce qu'ils obtiennent: six sièges à la Chambre des Communes, quatre au Sénat, la remise de la dette applicable au chemin de fer et la réalisation de celui-ci, une « communication continue » avec la terre ferme et de l'argent comptant pour payer les propriétaires absents.

L'adhésion de l'Î.-P.-É. à la Confédération suscite des réactions diverses. Le gouvernement britannique et le Canada sont satisfaits, mais la plupart des habitants de l'île sont attristés. Ils se sont battus pour conserver leur indépendance, mais les circonstances externes l'ont emporté.

L'accession de l'Île-du-Prince-Édouard au statut de province du Canada est aujourd'hui un événement d'importance historique nationale et James Colledge Pope est une personne d'importance historique nationale.

Pour plus d'information sur les propriétaires absents à l'Île du Prince-Édouard, voir « Les humbles sous la protection des grands ».

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