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Les Britanniques débarquent à Louisbourg

Semaine du lundi le 8 juin 1998

Le 8 juin 1758, sous le tir nourri des Français, une imposante flotte britannique débarque des troupes dans la baie de Gabarus, près du port et de la forteresse de Louisbourg, dans l'île Royale (île du Cap-Breton). Après avoir reçu des renforts, la compagnie de débarquement avance graduellement et replace ses batteries d'assaut toujours plus près de la ville qu'elle veut encercler. Le 26 juillet, au bout de sept semaines de siège, Louisbourg se rend, portant un dur coup aux ambitions des Français dans l'Atlantique Nord.

La forteresse de Louisbourg

La forteresse de Louisbourg
© Parcs Canada

La France a bâti et fortifié le port et la ville de Louisbourg après 1713, afin de disposer d'une base sûre pour ses activités de pêche et ses opérations navales dans l'ouest de l'Atlantique Nord. La Grande-Bretagne et la France, des puissances coloniales tant en Amérique du Nord qu'aux Indes Occidentales, sont engagées dans une rivalité qui, entre 1690 et 1815, a souvent dégénéré en conflit ouvert. En 1745, la France a perdu Louisbourg, qu'elle a reprise en 1748 par voie de traité. Un an plus tard, les Britanniques fondent Halifax, l'actuelle capitale de la Nouvelle-Écosse, afin de garder un oeil sur Louisbourg. Les colonies de la Nouvelle-Angleterre conservent cependant l'espoir de s'emparer à nouveau de Louisbourg. Le début de la guerre de Sept ans, en 1756, leur en offre l'occasion.

Les villes fortifiées de Louisbourg et de Québec sont les principales places fortes françaises en Amérique du Nord. Le premier ministre britannique décide de les attaquer toutes les deux, en commençant par Louisbourg. Quand le conflit décisif débute, en 1758, la Grande-Bretagne envoie 39 navires de guerre, 155 navires de transport et près de 30 000 soldats et marins. La défense de Louisbourg est assurée par 10 navires de guerre et près de 7000 soldats et marins.

Interprètes en uniformes du milieu du XVIIIe siècle, à Louisbourg

Interprètes en uniformes du milieu
du 18e siècle, à Louisbourg

© Parcs Canada

Le 8 juin, l'artillerie française s'oppose au débarquement, mais les Britanniques mettent pied à terre et entreprennent d'encercler le port. Les Français espéraient recevoir des renforts d'Europe, mais rien ou presque n'a pu forcer le blocus de la Royal Navy. Les Britanniques s'emparent d'un nombre croissant de positions autour du port, d'où ils font converger le tir de leurs canons sur la forteresse. Les dégâts causés dans la ville et la perte de plusieurs navires de guerre français convainquent le gouverneur français de se rendre.

La longueur du siège de 1758 à Louisbourg a sans doute permis à Québec de gagner un an de grâce, mais l'année suivante, dans le port de Louisbourg, une immense flotte est assemblée pour remonter le Saint-Laurent et aller soumettre Québec à un siège et à un blocus. En 1760, craignant qu'un traité de paix futur ne vienne une fois de plus leur enlever leur prise de guerre, les Britanniques décident de démolir les fortifications de Louisbourg. Les trois-quarts de ces ruines sont encore visibles de nos jours au lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg. La plupart des ouvrages de siège britanniques datant de la campagne de 1758 subsistent également, bien qu'ils soient situés dans la forêt. Dans les années 1960 et 1970, Parcs Canada a reconstruit environ le quart de la ville fortifiée originale, en lui rendant l'apparence qu'elle avait en 1745. Le résultat est la plus ambitieuse reconstruction historique du Canada, et l'une des plus imposantes au monde.

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