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Le « New Deal » de Bennett

Semaine du lundi le 31 décembre 2001

Le 2 janvier 1935, le premier ministre R.B. Bennett entame une série de discours radiodiffusés dans lesquels il annonce les grandes lignes d'un programme qui deviendra le « New Deal » de Bennett. Ces discours renferment des propositions de réforme économique et sociale visant à modifier la relation qui existe entre le gouvernement et le public, préparant la voie à l'État providence.

Le Très Honorable Richard Bennett

Le Très Honorable Richard Bennett
© BAC / C-000687

Chef du Parti conservateur, R.B. Bennett est élu premier ministre en 1930, alors que le Canada et le monde entier sont aux prises avec la Grande Crise. Les cours du blé se sont effondrés, des entreprises ont fait faillite et le quart de la population est sans emploi. Les Canadiens et les Candiennes se tournent vers le gouvernement dans l'espoir d'obtenir de l'aide. Les premières mesures prises incluent la Loi sur l'assistance-chômage, qui prévoit 20 millions de dollars destinés aux sans-emplois, et les Accords d'Ottawa, qui établissent des tarifs commerciaux préférentiels à l'intérieur du Commonwealth britannique. Le gouvernement crée également la Banque du Canada afin de renforcer le système bancaire canadien et met sur pied la Commission canadienne du blé afin d'améliorer le réseau de commercialisation du blé.

Malgré ces mesures, la Crise se poursuit et la popularité de Bennett chute. En 1934, William D. Herridge, ministre du Canada aux États-Unis, encourage Bennett à essayer une autre approche. Influencé par le « New Deal » du président américain Franklin D. Roosevelt, Herridge appuie l'idée d'un contrôle économique gouvernemental pour faire avancer les choses et atténuer les effets de la Crise.

En janvier 1935, Bennett prononce cinq discours d'une demi-heure à la radio, dans lesquels il explique son programme de réforme. Pendant ces émissions, qu'il a financées lui-même, Bennett fait un ardent plaidoyer en faveur du salaire minimum, de l'assurance-maladie et de l'assurance-chômage. Les Canadiens et les Canadiennes sont rivés à leur appareil et ceux qui n'ont pas de radio vont chez parents et amis écouter Bennett, qui les surprend par ses idées: en effet, les Conservateurs n'ont pas l'habitude de se mêler des pratiques commerciales et du bien-être social.

Un groupe de sans-emplois à Market Square, Edmonton (Alberta), pendant la Crise

Un groupe de sans-emplois à Market Square,
Edmonton (Alberta), pendant la Crise

© BAC / C-020595

Quand la nouvelle législation proposée par Bennett est présentée au Parlement, trois projets de loi - sur la journée de travail de huit heures, sur la semaine de travail de six jours et sur le salaire minimum - sont prêts à être débattus. Toutefois, la Loi sur le placement et les assurances sociales vient tard et beaucoup de Canadiens trouvent que cette loi est loin de tenir toutes les promesses qu'a faites Bennett. Déçus, les Canadiens rééliront le chef libéral William Lyon Mackenzie King en 1935. Deux ans plus tard, le Conseil privé britannique invalide la plus grande partie de la législation proposée par Bennett, la jugeant inconstitutionnelle parce qu'elle empiète sur les pouvoirs des gouvernements provinciaux. Le « New Deal » de Bennett établit néanmoins un précédent important et il influera sur l'avenir de l'État providence au Canada.

Richard Bedford Bennett a été désigné personne d'importance historique nationale en raison de son rôle comme premier ministre.

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