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Champlain cartographie les côtes

Semaine du lundi le 18 mai 1998

Le 19 mai 1604, le navigateur et géographe Samuel de Champlain cartographie les côtes de l'Acadie, près de la baie de Fundy. Pour ce voyage, son deuxième en Nouvelle-France, il reçoit comme mission d'établir une colonie française dans le Nouveau Monde. Malgré les conditions difficiles et les rigueurs de l'hiver, Champlain aime la Nouvelle-France et consacrera la plus grande partie de sa vie à sa colonisation.

Samuel de Champlain (1570-1635), présumé portrait

Samuel de Champlain (1570-1635)
Présumé portrait

© Bibliothèque et Archives Canada / C-6643

De la fin des années 1400 aux années 1700, les souverains d'Europe ambitionnent de conquérir la plus grande partie du globe possible. Pour les Européens, les Amériques, l'Afrique, l'Australie et l'Asie sont des territoires vierges qui regorgent de richesses, et dont ils n'ont qu'à s'emparer. La France revendique ainsi la côte est du Canada, qu'elle baptise Nouvelle-France. Champlain est chargé de trouver l'endroit le plus propice à l'établissement d'une colonie destinée à assurer le commerce du poisson et de la fourrure avec la France. Alors que l'expédition monte et descend la côte, Champlain trace des cartes très détaillées du territoire. Près de l'emplacement actuel de la frontière entre le Maine (É.-U.) et le Nouveau-Brunswick (Canada), ses hommes découvrent une île à l'embouchure d'une grande rivière qu'ils nomment toutes deux « Sainte-Croix ». Après une exploration plus poussée, ils décident de s'établir à l'«Isle-Sainte-Croix » où ils s'affairent à défricher la terre et à construire des bâtiments. Malheureusement, ils sont mal préparés pour l'hiver. L'île n'offre aucune protection contre le vent et ils sont incapables de franchir les glaces à la dérive pour aller chasser sur la terre ferme. Comme leur diète se compose presque uniquement de viande salée, le scorbut a tôt fait d'exercer ses ravages : près de la moitié des hommes meurent. Au printemps, constatant leur erreur, les survivants déménagent à Port-Royal, emportant même les bâtiments avec eux.

La terre ferme se révèle beaucoup plus hospitalière pour les Européens : ils y trouvent de l'eau potable et du gibier en abondance, et leurs tentatives d'agriculture sont très fructueuses. Malgré des hivers plus doux, les hommes continuent cependant de trouver la vie triste et déprimante. En 1607, dans le but de leur remonter le moral, Champlain organise la première amicale de l'Amérique du Nord, « l'Ordre de Bon Temps ». Chaque jour, un différent membre de l'ordre est chargé du dîner, ce qui a pour avantage de briser la monotonie tout en variant l'ordinaire. Les relations entre les colons et les peuples autochtones sont si bonnes que Membertou, le grand chef des Micmacs, est souvent l'hôte de ces repas. L'été suivant, alors que la colonie commence à prendre son essor, on reçoit l'ordre de quitter Port-Royal. Le coeur lourd, les hommes rentrent en France.

La carte de Samuel de Champlain (1632)

La carte de Samuel de Champlain (1632)
© Bibliothèque et Archives Canada / NMC-51970

Moins d'un an plus tard, Champlain retournera en Nouvelle-France, cette fois pour fonder la ville de Québec. Reconnu comme le « père de la Nouvelle-France », il aura passé une bonne partie de sa vie à faire la promotion de la colonie, à explorer et à cartographier le territoire, et à préserver les alliances conclues avec les Micmacs et les Hurons.

La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a commémoré Samuel de Champlain à Ottawa et à Orillia, en Ontario. Membertou a été reconnu au lieu historique national de Port-Royal (Nouvelle-Écosse) pour son rôle dans l'alliance franco-micmac. Étant donné leur importance pour les premiers colons français, Port Royal, a été désigné lieu historique national et la rivière Ste-Croix, rivière du patrimoine canadien. Le lieu historique international de Île-Sainte-Croix est commémoré à la fois par Parcs Canada et par le United States National Parks Service.

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