Cette semaine en histoire

Archives

La promesse

Semaine du lundi le 17 septembre 2001

Le 22 septembre 1988, le premier ministre Brian Mulroney signe une entente de redressement avec les Canadiens d'origine japonaise internés au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Les excuses qu'il présente à la Chambre des communes mettent fin à un épisode douloureux de l'histoire du Canada et promettent aux Canadiens de toutes les origines qu'une telle chose ne sera plus jamais tolérée ou répétée dans ce pays.

Canadiens japonais relocalisés dans des camps à l'intérieur des terres en Colombie-Britannique

Canadiens japonais relocalisés dans des camps
à l'intérieur des terres en Colombie-Britannique

© BAC / C-057250

Le bombardement de Pearl Harbour par le Japon, en 1941, sert de prétexte à ceux qui détestent les Asiatiques pour chasser les Canadiens d'origine japonaise hors de leurs communautés. Bien que la GRC et l'Armée s'opposent à cette idée, le gouvernement canadien « évacue » plus de 22 000 Canadiens et Canadiennes d'origine japonaise de leurs foyers, soi-disant pour assurer la sécurité du pays. Beaucoup d'évacués sont gardés dans les écuries et les casernes du parc Hastings avant d'être transférés dans des camps d'internement situés à l'intérieur des terres en Colombie-Britannique ou dans des fermes spécialisées dans la culture de la betterave à sucre en Alberta et au Manitoba. Les hommes sont envoyés dans des camps de travail; les familles sont séparées.

Leurs épreuves ne s'arrêtent pas là. En 1943, sans la permission des propriétaires, le gouvernement vend les biens que les évacués ont dû abandonner. Les Canadiens d'origine japonaise qui sont arrêtés sans carte d'identité ou qui se déplacent sans l'autorisation de la GRC ou de la Commission de sécurité de la Colombie-Britannique se retrouvent avec des casiers judiciaires. En 1944, le gouvernement oblige les Canadiens d'origine japonaise à choisir entre la dispersion à l'Est des Rocheuses ou la signature d'une demande de « rapatriement » vers le Japon après la guerre. Entre 1945 et 1946, 4 000 personnes sont exilées avant que les protestations du public ne mettent un terme aux déportations. La Seconde Guerre mondiale prend fin en 1945, mais les restrictions imposées aux Canadiens d'origine japonaise ne seront abolies que le 1er avril 1949.

Groupe d'hommes canadiens japonais dans un camp à construire des routes

Groupe d'hommes canadiens japonais
dans un camp à construire des routes

© BAC / PA-118000

Le centenaire de l'immigration japonaise au Canada est célébré en 1977, et la communauté aborde la question de l'internement qui a longtemps été occultée parce qu'elle était jugée honteuse. Des négociations débutent et en 1988, l'Association nationale des Japonais d'origine canadienne et le gouvernement du Canada s'entendent sur un programme de redressement incluant des excuses aux victimes d'injustices subies pendant la guerre, le versement d'une somme symbolique, la possibilité pour les déportés de retrouver la citoyenneté canadienne et de faire radier les dossiers criminels acquis en raison des restrictions imposées pendant la guerre. Un fonds communautaire vient reconnaître les préjudices subis par la communauté et pour éviter la répétition de telles injustices et la Fondation canadienne des relations raciales est mise sur pied.

Une plaque à Vancouver commémore l'Internement des Canadiens d'origine japonaise, un événement d'importance historique nationale.

Date de modification :