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Fête nationale des Acadiens

Cette histoire est parue à l'origine en 1998

Le 15 août, dans tout le Canada, mais en particulier dans les Maritimes, les Acadiens célèbrent la fête nationale des Acadiens. Cette fête témoigne de la vibrante survie de leur culture en Amérique du Nord. La date du 15 août, la fête de l'Assomption, a été choisie au cours de la première convention nationale des Acadiens, organisée au collège Saint-Joseph, à Memramcook (Nouveau-Brunswick), en 1881.

Le drapeau acadien

Le drapeau acadien

Les Acadiens sont les descendants des colons français établis sur la côte est de l'Amérique du Nord, à commencer par les compagnons de Dugua de Mons et de Champlain en 1604. Le plus célèbre des premiers établissements acadiens est Port-Royal, en Nouvelle-Écosse. Livrés à eux-mêmes, les Acadiens ont créé une société indépendante marquée par le catholicisme, la langue française, les familles nombreuses et des liens communautaires étroits renforcés par le mariage.

L'Acadie ou la « Nouvelle-Écosse » a été au coeur du conflit entre l'Angleterre et la France presque depuis ses débuts; elle a changé de mains sept fois en 100 ans. En 1713, le traité d'Utrecht l'a finalement rendue à la Grande-Bretagne et le gouvernement a alors demandé à la population acadienne de prêter serment d'allégeance à la Couronne britannique. Les Acadiens ont refusé, offrant plutôt leur neutralité en cas de guerre.

Comme la tension montait en Amérique du Nord entre la Grande-Bretagne et la France, les Britanniques craignaient que les Acadiens se soulèvent et appuient la France. Le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, sir Charles Lawrence, décida donc de disperser les Acadiens dans les autres colonies britanniques. La déportation débuta à Grand-Pré le 5 septembre 1755 et, en 1763, les trois-quarts de la population acadienne (quelque 10 000 personnes) avaient été forcés de quitter leur foyer. Les maisons furent détruites, les familles séparées et beaucoup moururent. La déportation est une grande tragédie de l'histoire du Canada.

En 1764, les Acadiens furent autorisés à regagner leur patrie à condition de prêter serment d'allégeance à la Couronne britannique, ce que certains acceptèrent de faire. Leurs fermes avaient été données à des immigrants venus d'Angleterre et des colonies américaines, mais les Acadiens étaient bien décidés à préserver leur culture dans les nouveaux établissements de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et, surtout, du Nouveau-Brunswick.

Le monument Lefebvre

Le monument Lefebvre
© Parcs Canada

La seconde moitié du 19e siècle a vu renaître la culture acadienne dans les Maritimes. En 1864, le père Camille Lefebvre a créé le collège Saint-Joseph, le premier collège francophone du Canada atlantique conférant des diplômes universitaires, où les leaders de la renaissance acadienne ont fait leurs études. Saint-Joseph a été le site de la première convention nationale des Acadiens, durant laquelle la date de la fête nationale des Acadiens a été arrêtée. Lors de la deuxième convention, à Miscouche, en 1884, un hymne national acadien (Ave Maris Stella) et un drapeau furent choisis. Des plans d'action visant l'établissement d'écoles, d'hôpitaux et de journaux francophones furent également mis au point. La culture acadienne renaissait dans le Canada atlantique.

Les diplomés du collège Saint-Joseph ont construit le monument LeFebvre en 1896 en souvenir du rôle déterminant qu'a joué le père LeFebvre dans la renaissance acadienne. En 1994, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada reconnaissait la valeur historique de ce site. Plusieurs autres sites historiques nationaux rappellent la riche histoire du peuple acadien dans la région de l'Atlantique.

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