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Le traité du fort de pierre

Semaine du lundi le 30 juillet 2001

Le 3 août 1871, la Couronne et sept chefs des Premières nations ojibway et moskégone signent le premier traité jamais conclu dans l'Ouest canadien, à Lower Fort Garry. La conclusion du Traité no 1 officialise le transfert de terres qui font aujourd'hui partie du Manitoba.

Traité no 1 avec les Premières nations du Manitoba

Traité no 1 avec les Premières nations du Manitoba
© Glenbow Archives, Calgary, Canada / NA-47-41

En fait, le traité vise à permettre aux immigrants européens de coloniser les Prairies en paix tout en donnant aux Premières nations des terres, l'accès aux ressources et d'autres avantages nécessaires à leur survie en tant que peuple. Cependant, dès sa conclusion, les deux parties sont en désaccord quant à son interprétation. Dans un rapport transmis au gouvernement canadien peu après la signature, Molyneux St. John, greffier de l'assemblée législative du Manitoba, écrit candidement : « ainsi, le traité a été signé, le Commissaire lui accordant une signification, les Indiens une autre... ».

Les Premières nations ont une solide tradition orale. Pour conserver leurs connaissances et leurs croyances traditionnelles, et aussi pour se définir, elles écoutent, discutent et se souviennent. Aux yeux des Premières nations, ce document écrit a moins de poids que les promesses prononcées de vive voix par les commissaires de la Couronne pendant les négociations.

De plus, les négociations avaient été menées par l'entremise d'interprètes qui devaient traduire des concepts essentiels non seulement en employant les bons mots, mais aussi en tenant compte de deux grandes traditions, de deux cultures radicalement différentes qui avaient des façons tout aussi différentes de voir le monde. La Couronne et les Premières nations faisaient donc une interprétation divergeante et souvent contradictoire des traités conclus.

Le lieu historique national de Lower Fort Garry

Le lieu historique national de Lower Fort Garry
© Parcs Canada / W. Lynch

D'après la Couronne, les Premières nations avaient perdu tous leurs droits fonciers sur les terres échangées contre des terres de réserve. Elles étaient autorisées à continuer à se rendre sur les terres dont la Couronne n'avait pas besoin pour chasser, pêcher ou mener d'autres activités traditionnelles et avaient reçu d'autres avantages du gouvernement, comme les soins de santé et l'enseignement. Toutefois, les Premières nations affirmaient qu'en échange des avantages liés au traité, elles avaient simplement accordé un accès conditionnel à leurs terres aux seules fins de l'agriculture. Cette différence d'opinion concernant l'esprit et les intentions du traité persiste encore de nos jours.

Le Traité no 1, qui a inpiré 10 autres traités conclus dans l'Ouest canadien, est commémoré par une plaque à Lower Fort Garry lieu historique national du Canada, près de Winnipeg (Manitoba). Le fort, appelé « fort de pierre » par les Premières nations locales, a été commémoré en raison de son association avec la négociation de traités et de son importance comme poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson.

Pour plus d'information, voir le texte complet des traités nos 1 et 2.

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