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La défense navale du Pacifique à Esquimalt

Semaine du lundi le 16 juillet 2001

Le 20 juillet 1887 marque l'ouverture officielle du bassin de radoub, ou cale sèche, d'Esquimalt. Esquimalt met à la disposition de la Royal Navy (RN) britannique, puis à celle de la Marine royale canadienne (MRC), une station de réparation des navires, le tout situé dans un des plus beaux havres naturels de la côte ouest de l'Amérique.

Le HMS Cormorant entrant en cale sèche, Esquimalt.

Le HMS Cormorant entrant en cale sèche, Esquimalt.
© BC Archives / A-04645

Dans les années 1840, la Grande-Bretagne se dispute avec les États-Unis au sujet de la frontière des territoires de la côte ouest de l'Amérique du Nord. L'animosité monte et les Britanniques craignent pour la sécurité des colons et des commerçants de la Compagnie de la Baie d'Hudson de la région. Déjà établie sur la côte du Pacifique à Valparaiso, au Chili, en 1837, la RN se sert de ces escarmouches pour affirmer sa présence dans les eaux du Pacifique Nord. Le port près d'Esquimalt est l'emplacement idéal et des bâtiments improvisés y sont construits. La participation des Britanniques à la guerre de Crimée (1854-1856) mène à l'établissement permanent d'une base navale à Esquimalt. Bien que la guerre se déroule dans la Méditerranée, les Britanniques se préparent à une attaque des Russes par le Pacifique. Esquimalt, situé à un endroit stratégique, devient le quartier général officiel du Pacifique de la RN en 1865.

Divers entrepôts, notamment de vivres et de matériel de guerre, sont construits à l'arsenal pour appuyer la présence navale. À mesure que l'arsenal prend de l'expansion, il acquiert également de la valeur pour la Colombie-Britannique. Parmi les conditions que la Colombie-Britannique impose pour se joindre à la Confédération figurent non seulement la construction d'un chemin de fer transcontinental, mais aussi celle d'un bassin de radoub à Esquimalt. Le gouvernement canadien accepte et la province adhère à la Confédération en 1871.

Le bassin de radoub (une cale que l'on garde sèche en pompant l'eau et qui sert à réparer les navires) peut accueillir les plus gros bâtiments de guerre britanniques dans le Pacifique. Il mesure 135 mètres de longueur, 19,5 mètres de largeur et peut contenir 8.7 mètres d'eau à marée haute. Le bâtiment des pompes, qui sert à vider le bassin, contient à l'origine des pompes à godets actionnées à la vapeur haute pression. La création de ce bassin est l'un des plus imposants projets entrepris au Canada à l'époque. Il continue d'accueillir des bâtiments de guerre et des navires commerciaux.

Vue aérienne de l'arsenal de la BFC Esquimalt, avec le bassin de radoub

Vue aérienne de l'arsenal de la BFC Esquimalt,
avec le bassin de radoub

© Photo des Forces canadiennes

Esquimalt est abandonné en 1905 lorsque la RN est réorganisée en fonction de la flotte métropolitaine. En 1910, la Marine royale canadienne est créée et Esquimalt devient la base navale du Pacifique pour le Canada. Esquimalt et la MRC ont participé aux deux conflits mondiaux et à la guerre de Corée. Le bassin de radoub fait maintenant partie de la base des Forces canadiennes Esquimalt.

Les sites navals d'Esquimalt, y compris l'arsenal CSM, l'ancien hôpital de la Marine royale, le cimetière des anciens combattants et l'île Cole, sont des endroits d'importance historique et architecturale nationale.

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