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L'arrivée des Loyalistes au Nouveau-Brunswick

Semaine du lundi le 4 mai 1998

Le 10 mai 1783, une flotte transportant plus de 2 000 réfugiés loyalistes arrive à l'embouchure du fleuve Saint-Jean. La guerre de l'Indépendance américaine tire à sa fin et ceux qui ont continué d'appuyer la Grande-Bretagne, les Loyalistes, se retrouvent dans une situation difficile. Aux yeux de certains Américains, ces hommes, femmes et enfants sont des traîtres qui méritent un châtiment. Redoutant le pire, un grand nombre de Loyalistes plient bagage et partent commencer une nouvelle vie au Canada.

Sir Guy Carleton

Sir Guy Carleton
© Bibliothèque et Archives Canada / C-6150

Sept ans plus tôt, en 1776, les 13 colonies américaines avaient uni leurs forces et entrepris de lutter pour leur indépendance. Beaucoup de colons avaient refusé d'appuyer la Révolution et avaient choisi soit d'aider la Grande-Bretagne soit de rester neutres. Ces colons ont souvent été victimes de harcèlement; certains ont été enduits de goudron et de plumes, d'autres ont vu leurs maisons brûlées. À ses fidèles, la Grande-Bretagne offre un refuge et des terres gratuites au Canada. Sous la direction de sir Guy Carleton, près de 50 000 d'entre eux feront le voyage vers le nord. Ces réfugiés sont d'origines diverses : Allemands, Afro-américains, Écossais de langue gaélique, Autochtones, et même quakers. Une petite minorité plus aisée rêve de fonder une ville animée, à l'image de Boston ou de Londres, mais pour la majorité d'entre eux, la vie au Canada sera très difficile.

La Nouvelle-Écosse (qui, en 1783, comprend encore le Nouveau-Brunswick) n'est pas prête à accueillir ces nombreux arrivants. Très peu de terres sont ouvertes à la colonisation et beaucoup de Loyalistes sont forcés de passer l'hiver sous la tente, recevant des fournitures inadéquates de la Grande-Bretagne. Furieux et déçus, un certain nombre de Loyalistes fortunés abandonnent la partie et rentrent en Angleterre, mais la plupart des nouveaux établissements tiennent bon.

Le drapeau de l'Union au moment de la guerre de l'Indépendance américaine

Le drapeau de l'Union au moment de la
guerre de l'Indépendance américaine

© Parcs Canada / Krista Banwell

L'arrivée soudaine des Loyalistes change la face politique, économique et culturelle de ce qui restait des colonies britanniques en Amérique du Nord. Cet afflux d'immigrants entraîne la subdivision des vastes colonies de la Nouvelle-Écosse et du Québec, pour donner d'une part la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick (1784), et d'autre part le Haut et le Bas-Canada (1791).

La Commission des lieux et monuments historiques a reconnu de nombreux chapitres de l'histoire des Loyalistes. Le patrimoine loyaliste de l'Ontario est commémoré par le lieu historique national des Casernes-de-Butler à Niagara-on-the-Lake, par le lieu historique national de la Maison-de-Sir-John-Johnson dans le vieil établissement loyaliste écossais de Williamstown et par diverses plaques, notamment celle érigée à la mémoire de Joseph Brant, le célèbre leader mohawk à qui l'on doit la fondation du territoire des Six-Nations à Brantford. Sir Guy Carleton, le général britannique qui a coordonné l'exode des Loyalistes, fait l'objet d'une plaque à Québec. En Nouvelle-Écosse, on a commémoré la Fondation de Shelburne, un village qui a compté près de 16 000 Loyalistes en 1784 (sa population actuelle est d'environ 2 132 habitants), et l'Expérience des Loyalistes noirs, tout près, à Birchtown. À Saint-Jean, une plaque rappelle le Débarquement des Loyalistes de l'Empire-Uni au Nouveau-Brunswick.

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