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« Le plus vieil établissement correctionnel du Canada »

Semaine du lundi le 28 mai 2001

Ouvert le 1er juin 1835, le pénitencier de Kingston a été le premier établissement correctionnel du Canada créé principalement dans le but de réformer les détenus plutôt que de les punir. Le plan du pénitencier et son système de réhabilitation ont inspiré toutes les autres prisons fédérales jusque dans les années 1950.

Vue aérienne du pénitencier de Kingston

Vue aérienne du pénitencier de Kingston
© BAC / PA-30472

Avant la construction du pénitencier de Kingston, les prisons canadiennes étaient des endroits où les gens séjournaient quelque temps avant d'être exécutés, exilés ou humiliés sur la place publique. Le pénitencier de Kingston proposait une nouvelle façon de traiter les criminels au Canada. On entendait y réformer les détenus grâce à un programme de durs travaux, de silence complet, d'isolement cellulaire et d'instruction religieuse. Les prisonniers passaient leurs heures de repos dans une cellule minuscule, de la taille d'une cabine de toilette publique, où ils étaient censés méditer sur leurs erreurs et sur les conséquences de leurs actes. Il n'est guère surprenant que ces cellules du bloc cellulaire principal, jadis au nombre de 840, aient plus tard été jugées inhumaines.

Un geôlier américain, William Powers, dessina les plans originaux du pénitencier. Des entrepreneurs privés construisirent le premier bloc cellulaire, mais pendant près d'un siècle par la suite, tous les bâtiments, les murs massifs et l'impressionnante porte d'entrée furent érigés par les détenus. Le reste du bloc cellulaire cruciforme, son dôme caractéristique, l'hôpital, la salle à manger, trois immenses ateliers et une prison distincte pour les femmes, tous seront le fruit du travail de la population carcérale.

L'une des plus célèbres romancières canadiennes a été particulièrement intriguée par le pénitencier de Kingston, le plus vieux encore debout au pays. S'inspirant d'un double meurtre célèbre survenu au Canada dans les années 1840, Margaret Atwood y a situé en grande partie son roman Alias Grace, qui offre un remarquable aperçu de la vie en prison au milieu du 19e siècle.

L'ancienne résidence du gardien, érigée hors des murs en 1873, abrite aujourd'hui le Musée des services correctionnels du Canada. Sa fascinante collection d'artefacts éclaire de nombreux aspects de l'histoire correctionnelle au Canada. C'est le cas notamment des armes illégales et de la panoplie d'instruments d'évasion qui illustrent l'ingéniosité et l'astuce de générations de détenus désespérés.

Pénitencier de Kingston

Pénitencier de Kingston
© Parcs Canada

Symbole durable de la détermination du Canada à faire régner la loi et l'ordre, le pénitencier de Kingston, bien que réaménagé, demeure une prison à sécurité maximale. Le bloc cellulaire principal est l'un des plus imposants exemples qui subsiste de bâtiment public néoclassique - un style caractérisé par des lignes symétriques et équilibrées, des colonnes et d'autres ornements empruntés aux édifices de la Rome antique. Désigné lieu historique national en 1990, le pénitencier a été commémoré au moyen d'une plaque le 30 avril 1997.

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