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Elles font des vagues : les femmes dans l'armée

Cette histoire est parue à l'origine en 1999

Le 13 août 1941, au beau milieu de la Seconde Guerre mondiale, des officiers militaires au Canada créent le Service féminin de l'Armée canadienne (CWAC), ouvrant ainsi la voie à l'entrée des femmes dans les forces armées.

Pendant la guerre des Boers et la Première Guerre mondiale, l'intervention des femmes avait été strictement bénévole. La plupart avaient travaillé comme infirmières au sein de la Croix-Rouge ou d'autres organisations; quelques-unes étaient devenues officiers du Corps de santé royal canadien, mais avaient dû en sortir dès la paix revenue.

Affiche pour le recrutement au CWAC

Affiche pour le recrutement au CWAC
© Gala Multimedia Inc.

Comme un nouveau conflit menaçait d'éclater à la fin des années 1930, certaines Canadiennes avaient créé leurs propres organisations de bénévoles, dont bon nombre s'inspiraient du British Auxiliary Territorial Service, organisation de femmes bénévoles qui offraient leur soutien aux militaires. Ces organisations initiaient des femmes au travail de commis, de chauffeur, de cuisinière et de sténographe. Certains groupes avaient même un entraînement semblable à celui de la milice.

Même après que le Canada eut déclaré la guerre à l'Allemagne en septembre 1939, les dirigeants militaires résistaient à l'idée d'accepter des femmes dans le service régulier. En effet, des officiers des trois armes, l'Aviation royale du Canada, l'Armée canadienne et la Marine royale du Canada, craignaient que les femmes en uniforme fassent « peu distingué », distraient les hommes et nécessitent l'aménagement de casernes spéciales. Cependant, au milieu de 1940, de nombreux hommes sont au combat et la main-d'œuvre se fait rare, mais les femmes bénévoles ne manquent pas. En outre, les Canadiens postés en Grande-Bretagne avaient constaté que les femmes étaient un atout précieux. C'est ainsi que la Division féminine de l'Aviation royale du Canada est créée en juillet 1941, le CWAC, en août de la même année et le Service féminin de la Marine royale du Canada, l'été suivant.

Baraque de recrutement pour le CWAC

Baraque de recrutement pour le CWAC
© Archives provinciales du Manitoba
Collection de photographies de
l'armée canadienne 162(N10857)

Au début, les femmes ne pouvaient occuper que des postes de soutien. Plus tard au cours du conflit, les dirigeants militaires décident de donner à certaines d'entre elles une formation de pilote, de technicienne, de préposée à la conscription et de mécanicienne, mais en aucun cas ne sont-elles affectées à un poste de combat. Même si les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes, environ 50 000 femmes choisissent d'entrer dans l'armée, dont 22 000 dans le CWAC.

Peu après la guerre, les trois corps sont démantelés et les femmes doivent retourner à la vie « normale » pour fonder une famille. Toutefois, leur contribution ne tombe pas dans l'oubli et l'armée accepte à nouveau les femmes une décennie plus tard. Le Service féminin de l'Armée canadienne, la Division féminine de l'Aviation royale canadienne et le Service féminin de la Marine royale du Canada sont tous d'une importance historique nationale.

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