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Vincent Coleman: un héros dans la vie, dans la mort

Pour la semaine du lundi le 4 décembre 2017

Le 6 décembre 1917, à 8 h 45, le cargo français SS Mont Blanc et le navire de ravitaillement norvégien SS Imo percutent dans le port d’Halifax. L’explosion qui suit la collision provoque une déflagration dont la violence ne sera supplantée que par la première bombe atomique. Survenue au plus fort de la Première Guerre mondiale, cette catastrophe rompt un maillon vital de la chaîne d’approvisionnement transatlantique. De nombreux Canadiens y voient aussi une conséquence de la guerre.

Vincent Coleman était responsable de tous les trains de marchandises et de passagers dans la péninsule d’Halifax. Le manipulateur télégraphique qu’il a utilisé le jour de l’explosion est exposé au Musée maritime de l’Atlantique, à Halifax.
© NSARM, 230.1, N-6198

Dans les instants qui suivent la collision, un marin se précipite dans la cour de triage Richmond d’Halifax pour avertir la station de télégraphie que le SS Mont Blanc a à son bord des milliers de tonnes d’explosifs puissants, et que l’incendie causé par la collision menace la cargaison. Tandis que s’amorce l’évacuation de la cour de triage, Vincent Coleman, répartiteur auprès de la société Canadian Government Railways (mieux connue comme l’Intercolonial Railway), se souvient de l’arrivée imminente – à 8 h 55 – du train no 10 en provenance de Saint‑Jean (Nouveau-Brunswick), et des 300 passagers qu’il transporte.

Coleman – un héros local qui s’était distingué plus tôt la même année en arrêtant un train parti à la dérive – décide de regagner son poste pour envoyer un dernier télégramme : « Retenez le train. Un navire plein de munitions est sur le point d’exploser dans le port et se dirige vers la jetée no 6. Je suppose qu’il s’agit là de mon dernier message. Salut les gars. »

L’explosion d’Halifax a tué environ 2 000 personnes et en a blessé 9 000 autres. Elle a détruit ou endommagé des milliers de résidences et a laissé des milliers de personnes sans abris.
© Bibliothèque et Archives Canada/ PA-166585.

Quelques minutes plus tard, à 9 h 05, le Mont Blanc explose. La déflagration et le tsunami qu’elle provoque dévastent le nord d’Halifax et le rivage de Dartmouth. Les cours de triage Richmond sont rasées, et Coleman périt. Le train no 10 est assez proche d’Halifax pour que l’explosion souffle les vitres. Toutefois, tous les membres d’équipage et les passagers survivent, ne subissant que des blessures mineures.

On ne sait toujours pas si le message de Coleman a bel et bien sauvé le train. Il a toutefois permis d’avertir la compagnie de chemin de fer de la catastrophe avant que l’explosion n’endommage les lignes télégraphiques et ne rompe les communications d’Halifax pendant plusieurs heures. En raison de ce télégramme, le bureau d’Halifax de l’Intercolonial Railway a pu arrêter tous les autres trains en direction de la ville et envoyer des trains de ravitaillement, transportant des fournitures médicales et les premiers intervenants, peu de temps après l’explosion.

Encore aujourd’hui, on ignore si le message de Coleman a fait en sorte que le train soit épargné. Par contre, il est clair qu’il a alerté la société ferroviaire avant que l’explosion ne coupe les communications télégraphiques avec Halifax pendant plusieurs heures. Ce télégramme a permis au bureau d’Halifax de l’Intercolonial Railway d’arrêter les autres trains qui voyageaient vers la ville et d’y dépêcher rapidement après l’explosion des trains de ravitaillement chargés de fournitures médicales et de secouristes. Halifax n’a pas oublié le courageux sacrifice de Vincent Coleman.

Cette semaine marque le 100e anniversaire de l’explosion d’Halifax, un événement historique national. Pour en savoir plus, lisez Catastrophe à Halifax dans les archives de Cette semaine en histoire.

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