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Le village de fer à Saint-Maurice!

Pour la semaine du lundi le 20 mars 2017

Le 25 mars 1730, François Poulin de Francheville se voit accorder le monopole de la production et le commerce du fer dans la région de Trois-Rivières (Québec). Ce monopole allait mener à la mise sur pied des Forges du Saint-Maurice, première fonderie de fer au Canada et l’une des plus perfectionnée au pays jusqu’au début du XIXe siècle.

Aquarelle de George Seaton (1819-1905), officier britannique ayant servi en Amérique du Nord de 1844 à 1848. Elle montre la ville et la fonderie des Forges du Saint-Maurice le 19 septembre 1844
© George Seaton / Bibliothèque et Archives Canada, no d’acc. 1953-75-11

La fonderie compte parmi ses installations un énorme haut fourneau, deux forges et sept roues hydrauliques, aménagés en bordure de la rivière Saint-Maurice. Celle-ci, qui s’inscrit dans un réseau fluvial, permet de transporter les matières premières vers la fonderie et les produits, vers les marchés. L’emplacement donne accès à une source d’énergie hydraulique, à d’abondantes réserves de bois comme combustible et à du minerai de fer.

La fonderie mise sur un mélange de méthodes traditionnelles de fabrication du fer. Des maîtres-fondeurs français venus de la Bourgogne, la Champagne et la Franche-Comté apportent leurs techniques et leurs innovations, qui orientent l’aménagement de la fonderie et les pratiques qui y sont employées. Pendant plus de 110 ans, les installations du Saint-Maurice fabriquent des produits de consommation (cuisinières, bouilloires, clous, enclumes et socs de charrues) de même que de nombreux produits militaires (canons et boulets). Dans les années 1850, cependant, la fonderie se met à produire du fer brut, qui est ensuite utilisé par d’autres fonderies de Trois-Rivières et de Montréal.

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La plupart des installations et des bâtiments originaux des Forges du Saint-Maurice sont tombés en ruine. Des structures symboliques, que montre cette photo, ont été érigées pour représenter le haut fourneau et le complexe de roues hydrauliques qui sont à l’origine des activités de la fonderie
© Parcs Canada

Une petite communauté industrielle se crée autour de la fonderie; en 1842, on y trouve 425 employés et les membres de leurs familles. La vie aux Forges du Saint-Maurice est inexorablement liée au sort de l’industrie du fer. C’est l’un des premiers d’une longue tradition de villages canadiens tributaires d’une seule industrie.

Au début des années 1880, malgré ses grands succès de jadis, la fonderie tombe en désuétude. Sa fermeture, en 1883, entraîne le déclin du village qui l’entoure. Malgré tout, les Forges du Saint-Maurice ont eu une grande incidence sur la région. Durant leur longue existence, elles ont stimulé l’économie locale en créant des marchandises pour les habitants des environs et en attirant ceux-ci dans la région. Elles ont également fait venir de nombreux ouvriers spécialisés et experts, qui allaient ensuite trouver du travail dans d’autres entreprises semblables.

Les Forges du Saint-Maurice ont été désignées lieu historique national. Pour en savoir plus sur les villes mono-industrielles et sur l’industrie lourde au Canada, lisez Une ville patronale : Powell River et Des calèches aux automobiles dans les archives de Cette semaine en histoire. Le 20 mars est la Journée internationale de la Francophonie.

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