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La fin du Jour de l’humiliation

Pour la semaine du lundi le 1 mai 2017

Le 1er mai 1947, le Parlement canadien se réunit pour débattre l’abrogation de la Loi de l’immigration chinoise de 1923. Deux semaines plus tard, la révocation est chose faite. Cette mesure annonce le début de l’émancipation des Sino-Canadiens d’un océan à l’autre. La Loi de l’immigration chinoise marque un chapitre de l’histoire canadienne qui est dominé par le ressentiment de la population canadienne à l’endroit des Chinois et des autres Asiatiques dans les années 1880, époque de la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique.

Les Sino-Canadiens contribueront à la réussite d’initiatives telles que les obligations de la Victoire pendant la Seconde Guerre mondiale.
© Bibliothèque et Archives Canada, no d’acc. 1983-30-1378

Après la Première Guerre mondiale, la situation économique difficile en Colombie-Britannique incite les Canadiens à accuser publiquement les immigrants chinois de leur voler leurs emplois. Malgré la taxe de 500 dollars imposée à chaque immigrant chinois qui vient s’installer au Canada, la population revendique encore d’autres restrictions. Ces contestations aboutissent à l’adoption de la Loi de l’immigration chinoise le 1er juillet 1923. Cette loi indigne les Canadiens d’origine chinoise, qui donnent à la fête du Dominion (aujourd’hui la fête du Canada) le nom de « Jour de l’humiliation » et qui refusent de prendre part aux célébrations tant que la loi n’aura pas été abrogée.

En vertu de la Loi, les diplomates et autres représentants officiels de l’État, les enfants nés au Canada qui quittent le pays pour poursuivre leurs études, les marchands et les étudiants sont les seuls Chinois autorisés à entrer au Canada. Les navires ne peuvent avoir à leur bord qu’un seul immigrant chinois pour chaque tranche de 250 tonnes de jauge, et ils ne peuvent accoster qu’à Victoria ou à Vancouver. En outre, les Sino-Canadiens sont tenus de produire une pièce d’identité avec photo pour prouver qu’ils détiennent la citoyenneté canadienne. Dans la foulée de ces restrictions, seulement 15 Chinois immigrent au Canada entre 1923 et 1946.

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Ce groupe de Sino-Canadiens de Vancouver servira au sein du Commandement de l’Asie du Sud-Est pendant la Seconde Guerre mondiale.
© Sergente Karen M. Hermiston / Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA‑211880

C’est le rôle joué par les Canadiens d’origine chinoise pendant la Seconde Guerre mondiale qui change l’opinion publique. En effet, les Sino-Canadiens amassent des fonds pour appuyer l’effort de guerre du Canada et de la Chine sur le front intérieur, et ils s’enrôlent au service du Canada. Ils jouent notamment un rôle critique dans l’opération Oblivion en s’infiltrant derrière les lignes ennemies pour recueillir des renseignements dans le théâtre du Pacifique.

Dès que le Canada devient membre des Nations Unies, il subit des pressions croissantes en faveur de l’abrogation de la Loi de l’immigration chinoise, laquelle va à l’encontre des politiques antidiscriminatoires enchâssées dans la charte des Nations Unies. Par suite de la révocation de cette loi le 14 mai 1947, les Sino-Canadiens obtiennent le droit de voter aux élections fédérales, ce qui marque le début d’un mouvement vers un système d’immigration exempt de discrimination.

Le quartier chinois de Vancouver et le quartier chinois de Victoria ont tous deux été désignés lieux historiques nationaux. Pour en savoir plus, lisez Le quartier chinois de Vancouver : un quartier animé! et Le quartier chinois de Victoria : un quartier d'hommes dans les archives de Cette semaine en histoire.

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