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Une mère à la charité universelle

Semaine du lundi le 1er mai 2000

Le 3 mai 1959, le Vatican béatifie Marie-Marguerite d'Youville, qui sera la première Canadienne de naissance à être canonisée.

Marie-Marguerite d'Youville

Marie-Marguerite d'Youville
© Archives des Soeurs grises de Montréal

Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais naît dans une famille de notables, à Varennes, Québec, le 15 octobre 1701. Ses proches auront à souffrir financièrement du décès de son père, mais grâce à la générosité de membres de sa famille, Marie-Marguerite pourra étudier chez les ursulines de Québec. En 1722, Marie-Marguerite épouse François d'Youville à Montréal. Malheureuse en mariage, elle aura de plus la douleur de perdre quatre de ses six enfants. À partir de 1727, Marie-Marguerite se tourne vers la religion.

François meurt en 1730 et Marie-Marguerite, déterminée à donner à ses fils une vie aisée et à les faire entrer au séminaire, reprend alors le négoce de son mari qui connaît des difficultés. Elle consacre ses temps libres à des oeuvres de charité et, en 1737, elle et trois autres femmes décident de prononcer des voeux et de se consacrer aux pauvres. Elles seront appelées « les grises », c'est-à-dire les enivrées, parce que l'époux de Marie-Marguerite d'Youville avait la réputation de se livrer au commerce illégal de l'alcool.

En 1747, Marie-Marguerite d'Youville prend la tête de l'Hôpital général de Montréal, jusque-là dirigé par les Frères hospitaliers. Bien que l'établissement soit lourdement endetté, elle procède à toutes les réparations urgentes. Auparavant réservé aux hommes, l'hôpital accueille désormais des personnes des deux sexes. L'Hôpital général reçoit des enfants abandonnés, des femmes perdues et des pauvres. Il deviendra un hôpital au sens moderne du terme lors de l'épidémie de variole de 1755.

Hôpital général à l'époque de Marie-Marguerite d'Youville

Hôpital général à l'époque de Marie-Marguerite d'Youville
© Archives des Soeurs grises de Montréal

En 1750, malgré les améliorations apportées par Marie-Marguerite d'Youville, l'intendant Bigot annonce la fermeture de l'hôpital de Montréal, affirmant que s'il n'est pas dirigé par un ordre religieux reconnu, doté d'un revenue assuré, l'établissement est voué à la faillite. Les grises ne constituent pas une communauté reconnue et le roi Louis XV n'a aucune envie de dépenser pour créer de nouvelles communautés religieuses dans la colonie. Tandis que Marie-Marguerite d'Youville multiplie les demandes d'aide dans toute la Nouvelle-France, c'est le supérieur de l'ordre des Sulpiciens, à Paris, qui vient à sa rescousse. La félicitant pour son travail, il souligne que l'hôpital appartient en fait à son ordre. L'établissement est sauvé et sa dette bientôt remboursée.

En 1752, mère d'Youville obtient des lettres patentes conférant à sa communauté religieuse les mêmes droits que ceux dont bénéficiaient les Frères hospitaliers. En 1755, les soeurs prennent l'habit ainsi que le nom de Soeurs de la charité de l'Hôpital général, ou Soeurs grises.

Marie-Marguerite d'Youville meurt en 1771. Lors de sa béatification, elle a reçu le titre de « Mère à la charité universelle ». Elle a été canonisée en 1990. Sainte Marie-Marguerite d'Youville et les Soeurs grises de Montréal ont été désignées d'importance historique nationale.

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