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Le chandail cowichan : lien tissé entre deux cultures

Pour la semaine du 19 juin 2017

Le 23 juin 1981, le conseil de bande des Cowichans, en Colombie-Britannique, détaille les exigences à respecter pour confectionner un chandail cowichan authentique. Ce vêtement chaud et durable marie comme nul autre les techniques de tricot européennes au symbolisme et aux méthodes de préparation de la fibre des Salishs de la côte.

Mme Helen Jimmy tenant un fuseau de filature traditionnel. Cet outil finement orné est propre aux Salishs de la région. Koksilah (près de Duncan), île de Vancouver, 1949
©Margaret Meikle, Indienne cowichane en train de tricoter, note no 21 du musée [Vancouver : musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique, 1987], p. 11

Les Cowichans précisent que le chandail doit être tricoté à la main avec de la laine hydrofuge qui n’a jamais été teinte. Il doit être exempt de coutures sur les côtés et présenter des motifs géométriques et des dessins d’animaux. Les Salishs de la côte tricotent le chandail cowichan dans le sud de l’île de Vancouver depuis la fin du 19e siècle. Ce vêtement chaud et imperméable est idéal pour le climat tempéré de la forêt pluviale de la côte Ouest. En dépit de sa popularité, les tricoteuses sont souvent payées moins d’un sixième du prix de detail!

Les Salishs de la côte peuvent s’enorgueillir d’une longue tradition de préparation de la fibre et de tissage. Pour préparer la laine, il faut d’abord laver soigneusement la fibre afin de conserver assez de lanoline pour que le produit final soit imperméable, puis la suspendre dehors pour la faire sécher. La laine est ensuite cardée à la main et filée de manière à former un fil simple mais robuste. Ces méthodes traditionnelles pour préparer la laine exigent parfois la participation de toute la famille, même si le tricotage est presque toujours effectué par les femmes. Les couvertures tissées avec du poil de chèvre de montagne et de chien sont hautement prisées dans les potlatchs et premiers échanges commerciaux.

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Un chandail cowichan présenté à plat. Noter l’absence de coutures sur les côtés
© Parcs Canada

Le chandail cowichan fait l’objet d’une forte demande au début du 20e siècle. Il est stocké dans les magasins à rayons du pays à compter des années 1920, et la demande ne cesse de croître jusqu’à la fin du 20e siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, le vêtement est si recherché que les officiers militaires de l’île de Vancouver obtiennent la permission de le porter. Aujourd’hui, le chandail cowichan demeure un vêtement emblématique du Canada.

Les tricoteuses salishs de la côte et le chandail cowichan sont un événement d’importance historique nationale. Le 21 juin, nous célébrons la Journée nationale des Autochtones! Pour en apprendre davantage sur l’histoire des Premières Nations en Colombie-Britannique, lisez les articles Histoire et légende à la colline Battle Hill des Gitwangaks et Entre deux mondes : William Beynon, ethnographe dans les archives de Cette semaine en histoire.

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