Cette semaine en histoire

Archives

Dre Maude Abbott : médecin, éducatrice et cardiologue

Pour la semaine du lundi le 29 août 2016

Le 2 septembre 1940, la Dre Maude Abbott, cardiologue, éducatrice et écrivaine reconnue dans le monde entier, s’éteint à Montréal. Elle aura été l’une des premières femmes médecins du Canada.

Maude Abbott
© Musée McCord

Née en 1869 à Saint-André-Est (Québec), Maude Abbott grandit chez sa grand-mère avec sa sœur. À la fin de ses études secondaires à Montréal, elle reçoit une bourse de l’Université McGill. Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts et un brevet d’enseignante, elle se découvre un intérêt pour la médecine. Comme l’Université McGill n’accepte pas à l’époque les femmes qui veulent étudier la médecine, Abbott se tourne vers le Collège Bishop’s (qui deviendra plus tard l’Université Bishop’s) de Lennoxville (Québec). Au terme de sa formation à Lennoxville, elle poursuit ses études en Europe pendant trois ans. C’est pendant cette période que sa sœur Alice, qui vit avec elle, présente les premiers signes d’une maladie mentale qui l’affligera le restant de ses jours. Maude lui dispense les soins nécessaires.

En 1897, les deux sœurs regagnent Montréal, où Maude ouvre son propre cabinet. Un an plus tard, elle est nommée conservatrice adjointe du musée médical de l’Université McGill. La jeune femme transforme le musée en ressource d’enseignement visuel et, à compter de 1901, y organise des démonstrations pour les étudiants. Abbott fonde également l’Association internationale des musées médicaux, en révise le journal et y siège à titre de secrétaire-trésorière pendant plus de 30 ans.

Abbott acquiert une solide renommée à l’échelle mondiale en tant que spécialiste des cardiopathies congénitales. Elle fait des recherches sur le souffle cardiaque, mais c’est un collègue qui en présente les résultats à la Société médicochirurgicale car les femmes sont exclues de cette organisation. Néanmoins, en raison de l’excellence de ses recherches, elle finit par être la première femme élue membre de la Société. Sir William Osler, célèbre médecin canadien, l’invite à rédiger un chapitre de son manuel médical. Abbott rédigera également l’histoire des soins infirmiers et de la médecine au Québec, de même qu’un atlas des cardiopathies congénitales.

“INSERT
Faculté de médecine de l’Université McGill, v. 1890. Cet immeuble abritait le musée médical jusqu’en 1907, lorsqu’il a été détruit par un incendie
© Musée McCord, VIEW-1479

Abbott est confrontée au sexisme tout au long de sa vie. Même après avoir obtenu deux grades honorifiques de l’Université McGill, elle n’accédera jamais au poste de professeure. D’autres établissements lui offriront cependant des rôles plus prestigieux, notamment celui de présidente du département de pathologie et de bactériologie au Women’s Medical College de Philadelphie. Elle occupera ce poste de 1923 à 1925, avant de retourner vivre à Montréal avec sa sœur. Pour lutter contre les obstacles liés au sexisme dans la profession médicale, Abbott cofonde la Fédération des femmes médecins du Canada en 1924.

Maude Elizabeth Seymour Abbott meurt en 1940, à l’âge de 72 ans. En 1994, elle est désignée personne d’importance historique nationale et intronisée au Temple de la renommée médicale canadienne. Pour en savoir plus sur les femmes en médecine, lisez La docteure Irma LeVasseur au secours des enfants et La docteure Emily Stowe lutte contre les problèmes sociaux. Vous pouvez également obtenir de plus amples renseignements sur William Osler en lisant Sir William Osler, un médecin exceptionnel dans les archives de Cette semaine en histoire.

Suivez-nous sur Twitter @ParcsCanada. Apprenez-en plus à propos de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Date de modification :