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Un héros de guerre canadien en camp d'internement

Pour la semaine de lundi 16 mai 2016

Le 22 mai 1917, le sergent Masumi Mitsui est déclaré blessé au combat en France durant la Première Guerre mondiale. Membre du 10e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien, il finit la guerre décoré, en héros. Durant la Seconde Guerre mondiale, on ne lui accorde aucune des reconnaissances qu’il mérite. Comme des milliers d’autres Canadiens d’origine japonaise, le gouvernement du Canada le considère comme un « sujet d’un pays ennemi ». Il est forcé de quitter la côte Ouest avec sa famille et relocalisé, en plus d'être dépossédé de ses biens.

Masumi Mitsui
© Avec la permission de David Mitsui

Mitsui naît au Japon et immigre au Canada en 1908. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, des préjugés raciaux l’empêchent d’être enrôlé dans sa province d’adoption, la Colombie‑Britannique. Toutefois, en 1916, il est accepté par un bureau de recrutement de Calgary. En tant que membre du 10e Bataillon, il se voit confier la responsabilité d’autres soldats japonais du fait qu’il parle couramment l’anglais. En 1917, il se distingue à la bataille de la côte 70, pour laquelle il reçoit la Médaille de la bravoure. Mitsui est blessé en combattant au front, mais il finit la guerre décoré, avec le grade de sergent, et retourne en Colombie‑Britannique.

Durant l’entre‑deux‑guerres, Mitsui devient président de la filiale no 9 de la Légion royale canadienne. Il fait également pression pour que soit accordé le droit de vote aux anciens combattants canado-japonais, et obtient gain de cause en 1931. Le vent tourne cependant en 1941 lorsque le Canada déclare la guerre au Japon après l’attaque de Pearl Harbour, à Hawaii. Les Canadiens d’origine japonaise vivant en Colombie‑Britannique sont alors arrachés à leur domicile et relocalisés à l’intérieur de la province. Même s’il est citoyen canadien, ancien combattant et décoré de la Médaille militaire, on lui retire non seulement son droit de vote, mais les biens et la ferme de sa famille sont vendus. Mitsui et sa famille sont relocalisés à Greenwood, en Colombie-Britannique.

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Monuments aux morts à la mémoire des Canadiens d'origine japonaise au parc Stanley, à Vanouver, en 1939
James Crookall © Archives de la Ville de Vancouver, CVA 260-1030 (en anglais seulement)

Après la guerre, on refuse aux Canadiens d’origine japonaise le droit de retourner dans leurs communautés situées sur la côte. Plusieurs sont déménagés au sud de l'Ontario. Ce n’est qu’en 1949 que les droits des Canadiens d’origine japonaise sont rétablis, dont le droit de vote, mais leurs terres et leurs biens ne leur seront jamais remis.

Plus tard, des Canadiens d'origine japonaise luttent pour obtenir compensation et excuses publiques à l’endroit de leur peuple dont les droits ont été bafoués. Le gouvernement du Canada finira par accéder à leur demande en 1988, un an après la mort de Mitsui. Les soldats canado‑japonais de la Première Guerre mondiale et leur lutte pour l’obtention du droit de vote, et l’Internement des Canadiens japonais sont des événements d’importance historique nationale.

C’est le Mois du patrimoine asiatique! Pour en apprendre davantage sur les expériences des Canadiens d’origine japonaise durant les deux guerres mondiales, lisez les articles Une note qui arrive trop tard : les soldats canadiens d’origine japonaise de la Première Guerre mondiale et La naissance du corps de volontaires des Canadiens d’origine japonaise dans les archives de Cette semaine en histoire.

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