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« S. O. S. Le Florizel échoué près du cap Race. Tombe rapidement en morceaux. »

Pour la semaine du 22 février 2016

Le 24 février 1918, peu avant 5 h, le Florizel lance un signal de détresse. Le navire vient de heurter un écueil à 25 km au nord du cap Race, à Terre‑Neuve, et menace de se disloquer. Des 136 passagers et membres d’équipage, seuls 44 survivront. Cet accident marque la fin tragique de ce qui est à l’époque le plus imposant et le plus célèbre des navires de la colonie.

Le S.S. Florizel dans le port de St. John’s, à Terre Neuve
©Bibliothèque et Archives Canada / Andrew Merrilees / e004665783

Le vapeur à hélice S.S. Florizel est construit en 1908 pour le compte de la New York, Newfoundland and Halifax Steamship Company, qui est exploitée par la Bowring Brothers. Ce bâtiment de 309 m de longueur et de 9 m de hauteur est alors le plus grand navire de la flotte marchande de Terre-Neuve. Il est aussi l’un des premiers au monde à être conçu expressément pour naviguer dans la glace de mer.

Même s’il sert principalement de navire de charge et de navire de ligne de luxe, le Florizel est utilisé chaque printemps pour la chasse au phoque, car sa vitesse et la robustesse de sa coque lui procurent un avantage sur les autres navires. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, le Florizel transporte en Angleterre les 500 premiers volontaires du Royal Newfoundland Regiment (les « Blue Puttees »). Pendant les hostilités, la plupart des navires marchands de Terre-Neuve sont réquisitionnés pour le transport de marchandises en Grande-Bretagne. Le Florizel devient alors l’un des rares bâtiments régulièrement à faire la navette entre Terre-Neuve et le continent nord-américain.

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Le Florizel qui se disloque après avoir heurté un écueil près du cap Race.
© Bibliothèque et Archives Canada / Andrew Merrilees / e004665780

Le 23 février 1918 à 20 h, le Florizel quitte St. John’s à destination d’Halifax. Le capitaine William Martin, marin et navigateur chevronné se trouve à la barre. Le navire transporte 136 personnes et une cargaison de produits de la pêche dont la valeur est estimée à 250 000 dollars. Environ une heure après le départ, le Florizel se retrouve au cœur d'un blizzard violent et la visibilité est grandement diminuée. Le 24 vers 4 h 30, le capitaine Martin croit que le Florizel a contourné le cap Race, à l’extrémité sud de la presqu’île Avalon, et met le cap vers l’ouest, en direction d’Halifax. Il ignore que, depuis le départ, la salle des machines ne s’est pas conformée à son ordre « En avant toute! » et que le navire n’a parcouru que 72 km au cours des huit dernières heures, et non les quelque 100 km prévus.

Juste avant 5 h, le Florizel percute un récif de plein fouet. La force de l’impact propulse la proue par dessus l’écueil, tandis que la poupe s’enfonce dans l’eau. Après avoir reçu le signal de détresse du Florizel, cinq navires de sauvetage et un train supplémentaire sont dépêchés de St. John’s, mais les eaux dangereuses empêchent les sauveteurs de gagner l’épave avant le lendemain matin. Malheureusement, 92 passagers et membres d’équipage ont alors déjà perdu la vie. Les survivants, quant à eux, ont dû supporter des conditions glaciales, sans nourriture ni vêtements adéquats, pendant 27 heures.

Le phare du cap Race, qui signale les écueils heurtés par le Florizel, a également été le premier à capter le signal de détresse du RMS Titanic en 1912. Il a été désigné lieu historique national en 1974.

Pour lire d’autres récits de naufrages en eaux canadiennes, consultez les articles Le naufrage du RMS Empress of Ireland, L'épave du Elizabeth and Mary repose dans les eaux du fleuve Saint-Laurent et Un sauvetage impossible dans les archives de Cette semaine en histoire.

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