Cette semaine en histoire

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Pour la semaine du 1er février 2016

Le 3 février 1947, le petit village de Snag, au Yukon, affiche la température confirmée comme étant la plus basse jamais enregistrée en Amérique du Nord. De nos jours, avec les progrès réalisés dans le domaine de la météorologie, nous sommes en mesure de prévoir les conditions extrêmes et de nous préparer. Toutfois, en février 1947, les résidents de Snag sont pris complètement au dépourvu.

Un homme en uniforme militaire près d’un panneau à l’aérodrome de Snag, le long de la route des relais aériens du Nord-Ouest, v. 1940
©Archives du Yukon. Collection Guidron Sparling 98/112 #45 PHO 588

Une masse d’air glaciale de la Sibérie fait chuter la température à -62,8 oC, bien en deçà du minimum moyen de 26,7 oC février. Il fait si froid que le souffle des résidents gèle en suspension dans l’air et que la peau exposée fait de même en moins de trois minutes. Snag vit au ralenti : les gens se terrent chez eux, évitant de sortir par crainte de se geler les poumons. Aujourd’hui inhabité, le village de Snag abrite à l’époque la plus occidentale des stations des Forces canadiennes, à 30 km au nord-est de Snag Junction, le long de la route de l’Alaska, et à 25 km à l’est de Beaver Creek. Coup de chance pour la tenue de dossiers scientifiques : les habitants de Snag – une trentaine de personnes en tout – sont pour la plupart des météorologues!

À l’époque, le principal type de thermomètre en usage à Snag est à base d’alcool, parce que l’alcool gèle à des températures plus basses que le mercure, matériau qui est utilisé dans les thermomètres plus communs. La température ambiante est cependant encore inférieure à l'échelle de gradation autant des thermomètres à l'alcool que de ceux au mercure : les météorologues doivent ajouter trois degrés de plus pour consigner la température exacte!

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Le bureau des admissions de l’Université de Toronto. Ce bâtiment a abrité l’observatoire de Toronto et l’administration centrale du Service météorologique du Canada de 1909 à 1971
© Parcs Canada

En 1947, les bulletins météorologiques sont diffusés principalement à la radio ou dans le journal. Auparavant, les pionniers de la météorologie au Canada affichaient les bulletins de prévisions sur des bâtiments publics ou même sur les parois des trains qui circulaient régulièrement dans les régions rurales. L’avènement du téléphone permet par la suite aux citoyens d’appeler le standardiste local pour obtenir les prévisions quotidiennes.

Les météorologues consignent et diffusent des données météorologiques sans interruption depuis 1840, année où l’Armée britannique a effectué ses premières observations à l’Université de Toronto. En 1853, la province du Canada prend le relais et construit l’Observatoire de Toronto. En 1876, le Service météorologique du Canada possède un réseau pancanadien de stations reliées par le télégraphe qui produisent les bulletins quotidiens et émettent les avertissements de tempête.

L’établissement d’un système de collecte continue de données météorologiques au Canada est un événement d’importance historique nationale. Pour en apprendre davantage sur l’histoire scientifique du Canada, lisez Les étoiles livrent leurs secrets, Un Écossais savant! et La route de l’Alaska : un ouvrage d’envergure, dans les archives de Cette semaine en histoire.

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