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La capture de Demasduit

Pour le semaine de lundi 7 mars 2016

En mars 1819, la Béothuk nommée Demasduit vit en captivité à Twillingate, à Terre-Neuve. Si les Béothuks, peuple indigène de l’île, ont longtemps évité les contacts avec les colons européens, ils n’ont cependant pas échappé aux contrecoups de leur présence : les maladies issues d’Europe, la concurrence pour les ressources et, surtout, la capture. Au moment de l'enlèvement de Demasduit, il reste très peu de Béothuks.

Portrait de Demasduit, peint par lady Hamilton, 1819
©Bibliothèque et Archives Canada, no d’acc. 1977-14-1

Avec l’autorisation du gouverneur de Terre‑Neuve, John Peyton fils, propriétaire d’un chantier naval, se met en route avec un groupe d’hommes le 1er mars afin de gagner le campement de Demasduit à l’intérieur des terres. Il veut y récupérer des biens volés sur des chafauds, mais il cherche aussi à capturer un Béothuk pour lui enseigner l’anglais et en faire un intermédiaire. À l’arrivée de Peyton au campement, les Béothuks prennent la fuite, mais Demasduit, qui vient d’accoucher, reste en arrière et est faite prisonnière. Les efforts déployés par son mari pour la libérer sont pris à tort pour de l’hostilité, et il est abattu.

Demasduit est placée sous la garde du révérend John Leigh à Twillingate. On lui donne le nom de Mary March, parce qu’elle a été enlevée au mois de mars. Au 19e siècle, les Béothuks sont souvent considérés par les Européens comme un peuple « sauvage » et peu civilisé. Demasduit contribuera à changer ce stéréotype. Au contact de Leigh, elle apprend un peu d’anglais et enseigne l’essentiel de ce que nous savons aujourd'hui de la langue des Béothuks, soit un lexique d'environ 180 mots. C’est d’ailleurs de Demasduit que nous tenons le nom « Béothuk ». La jeune femme sera plus tard conduite à St. John’s, où elle se fera connaître surtout pour son intelligence et sa douceur.

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“The Taking of Mary March on the North side of the lake.” (« La capture de Mary March du côté nord du lac ») Croquis de Shanawdithit illustrant la capture de Demasduit au campement du lac Red Indian
© James P. Howley, The Beothuks or Red Indians (Cambridge, University Press, 1915), 240, cartonnage

La jeune Autochtone ne perd jamais l'espoir de revoir un jour son enfant. Le gouverneur de Terre-Neuve, sir Charles Hamilton, dépêche deux groupes à la recherche du bébé, mais ni l’un ni l’autre ne rencontre de Béothuk. Demasduit meurt de tuberculose le 8 janvier 1820, pendant la seconde expédition, à l’âge d’environ 24 ans. Sa nièce, Shanawdithit, est capturée et amenée à Twillingate en 1823. C’est grâce à elle que l'on sait que le bébé de Demasduit est mort deux jours après le rapt de sa mère et que l'on obtient quelques renseignements sur les derniers jours des Béothuks.

Le 8 mars est la Journée internationale de la femme! Demasduit a obtenu le statut de personne d’importance historique nationale en reconnaissance de sa contribution aux connaissances sur les Béothuks et du rôle qu’elle a joué dans l’évolution des attitudes européennes. Pour en savoir plus sur Shanawdithit, une autre personne d’importance historique nationale, lisez En quête de sa famille dans les archives de Cette semaine en histoire. Pour plus d'information sur les Béothuks et la colonisation de Terre-Neuve, lisez les articles La mort de Shanawdithit et des Béothuks et Le premier établissement européen officiel à Terre-Neuve dans les archives de Cette semaine en histoire.

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