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Bataille de Ridgeway

Pour la semaine du lundi le 30 mai 2016

Le 2 juin 1866, la bataille de Ridgeway éclate entre la milice canadienne et une force des Féniens à Limestone Ridge, près du village de Ridgeway situé dans le secteur sud de la péninsule du Niagara en Ontario. Les 840 soldats canadiens sont principalement des volontaires de la Queen’s Own Rifles, du 13e bataillon et des compagnies de carabiniers de York et de Caledonia qui n’ont presque aucune formation. Ils se livrent à un combat qui les oppose à quelque 500 à 800 Féniens venus des États-Unis sous le commandement du lieutenant-colonel John O’Neill. Un bon nombre de ces Féniens sont d’anciens combattants de la guerre de Sécession.

Une représentation stylisée de la bataille de Ridgeway. En réalité, les Féniens (portant du vert dans cette illustration) n’étaient pas si uniformément vêtus, et bon nombre de miliciens canadiens (en rouge) portaient en fait des uniformes verts
© Bibliothèque et Archives Canada/no d’acc.1946-35-1

Formée en 1858, la Fenian Brotherhood vise à obtenir l’indépendance de l’Irlande vis-à-vis de la Grande-Bretagne en vue d’établir une république irlandaise. Aux États-Unis, c’est un immigrant irlandais, John O’Mahony, qui est le fondateur de la branche américaine des Féniens. À l’automne 1865, ils mettent sur pied une armée et se préparent à envahir le l'Amérique du Nord britannique. Ils comptent s’en emparer et faire pression sur Londres jusqu’au retrait des troupes britanniques d’Irlande. Un premier raid se produit sur l’île Campobello, au Nouveau-Brunswick, en 1866. L’accueil initial du gouvernement américain est mitigé. Officiellement, les raids constituent une violation de la Neutrality Act, et de nombreux Féniens sont arrêtés pour leur implication. Toutefois, non officiellement, bon nombre d’Américains sympathisent avec la cause des Féniens. La plupart de ceux qui participent aux raids sont arrêtés, mais sont ensuite libérés sans que des accusations ne soient portées contre eux.

À compter de l’automne 1865, des rumeurs circulent à Toronto faisant état d’une invasion imminente des Féniens. La milice canadienne est mise au courant de la situation et s’apprête à déployer des troupes. Le 31 mai 1866, John A. Macdonald ordonne aux troupes de se rendre à Port Colborne. Le commandant, le lieutenant-colonel Alfred Booker est un officier de la milice, mais il n’a aucune expérience du combat.

Le matin du 1er juin 1866, les résidants de Fort Erie sont réveillés par l’arrivée de bateaux transportant des Féniens ayant traversé la frontière délimitée par la rivière Niagara. Ceux-ci apportent des uniformes et des armes espérant les offrir aux recrues canadiennes. Ils sont toutefois étonnés qu’aucun Canadien ne se joigne à leur mouvement. Le chef des Féniens exige qu’on nourrisse ses hommes et qu’on leur fournisse des chevaux. En guise de paiement, les Féniens leur offriraient des obligations féniennes, mais les résidants ne s’y intéressent pas.

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La locomotive MILWAUKEE de la Welland Railway Co. transportant des troupes à Port Colbourne qui participent à la bataille de Ridgeway
© Bibliothèque et Archives Canada/Timms&Howard/no d’acc. 1939-244 NPC

Le 2 juin 1866, à 7 h 30, les deux camps s’affrontent pendant deux heures. Au départ, les Féniens sont repoussés, et le manque d’expérience des Canadiens est éprouvant. Cependant, en voyant arriver un groupe d’éclaireurs féniens à cheval, les troupes de milice canadiennes se trompent en croyant qu’il s’agit de la cavalerie, et les lignes canadiennes en sont déstabilisées. Lorsqu’un clairon militaire sonne, la milice se retire dans la confusion. C’est alors que les Féniens vont de l’avant et 37 Canadiens sont blessés, dont neuf mortellement. Les Féniens se rendent jusqu’à Ridgeway où ils font demi-tour vu qu’ils craignent d’être interceptés par une troupe britannique nombreuse qui, depuis le nord, se dirige droit vers eux. Le matin du 3 juin, ils rentrent aux États-Unis. Les raids se poursuivent pendant encore cinq ans, mais la milice canadienne retient plusieurs leçons à la suite de la bataille de Ridgeway. Ainsi, chaque raid qui s’ensuit résulte en une victoire canadienne. Le mouvement fénien s’effondre en 1871 sans jamais réussir à conquérir l'Amérique du Nord britannique.

L’année 2016 souligne le 150e anniversaire des raids féniens. Le lieu de la bataille de Ridgeway est désigné lieu historique national étant donné que la menace des Féniens a été un facteur déterminant à la formation du Canada. Les raids ont permis d’afficher le patriotisme, de pousser les milices canadiennes à faire preuve de professionnalisme et d’inciter les Canadiens à envisager l’union d’une Amérique du Nord britannique sous un seul gouvernement. Ces facteurs ont contribué à la formation de la Confédération, en 1867.

Pour en savoir davantage sur l’identité et le nationalisme canadiens, veuillez consulter les articles de Goldwin Smith demande : « Le Canada devrait-il s'unir aux États-Unis? » et L'orange et le vert s'affrontent. Pour de plus amples renseignements sur la Confédération, lisez Le rêve d'une nation, Le meurtre de la rue Sparks et La première élection au Canada figurant dans les archives Cette semaine en histoire.

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