Cette semaine en histoire

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« Aïeule des vents »

Pour la semaine du lundi le 18 juillet 2016

Le 19 juillet 2011, Catherine Beaulieu Bouvier Lamoureux devient la première femme des Territoires du Nord-Ouest à être désignée personne d’importance historique nationale. Elle représente une génération presque oubliée de matriarches métisses dont les habiletés et les liens avec les Autochtones et les Européens ont favorisé l’essor culturel du bassin du Mackenzie. Les récits sur les femmes autochtones font rarement partie de l’histoire principale, et la majeure partie de ce que nous savons sur Catherine Beaulieu vient de la tradition orale et de la conservation de quelques documents historiques épars.

Catherine Beaulieu (à l’extrême droite) avec son second mari et sa famille, en 1912
© Parcs Canada

Catherine Beaulieu naît en 1836, près de la frontière entre le territoire aujourd’hui occupé par l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest. Son père, François Beaulieu II, contrôle un vaste réseau de commerce dans le Nord. En 1848, la Compagnie de la Baie d’Hudson lui confie la responsabilité du poste de traite de Fort Resolution, et la famille déménage au Grand lac des Esclaves, à l’embouchure de la rivière Salt.

À 16 ans, Catherine Beaulieu se marie avec Joseph Bouvier. Ils auront cinq enfants. Dévouée à l’Église catholique, la famille aide la première mission d’Oblats à s’établir dans le Nord en 1862. Située sur le fleuve Mackenzie à environ 80 kilomètres du Grand lac des Esclaves, cette mission devient la localité de Fort Providence et le nouveau lieu de résidence de la famille. Joseph Bouvier meurt en 1877. Deux ans plus tard, Catherine Beaulieu Bouvier se remarie avec Jean-Baptiste Lamoureux.

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Cette photo, prise par le père oblat Duchaussois à Providence vers 1900, pourrait représenter Catherine Beaulieu Bouvier Lamoureux et son attelage de chiens.
© Parcs Canada

En plus de s’occuper de culture et d’élevage, Beaulieu pratique aussi la chasse, le piégeage et la pêche. Ses antécédents dénés et canadiens-français l’aident à tisser des liens avec les Métis, les Premières Nations, l’Église catholique et la Compagnie de la Baie d’Hudson. Elle utilise ses liens parmi les Dénés pour encourager ces derniers à commercer directement avec la mission plutôt qu’avec la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Comme beaucoup d’habitants du Nord-Ouest canadien, elle parle probablement le michif, le français, le cri, le chippewyan et le slave. Elle enseigne les langues et les coutumes des Premières Nations aux missionnaires, et sa famille chasse pour la mission. Lorsque les Sœurs Grises fondent une école et un hôpital à la mission, Beaulieu appuie avec ferveur l’initiative et est l’une des premières à y envoyer ses enfants.

Même à un âge avancé, elle parcourt souvent le trajet de 230 km qui la sépare de Fort Rae avec un attelage de chiens de traîneau afin de livrer du courrier et de visiter sa famille. Ces déplacements lui valent le surnom d’Ehtsu Naast’i, « aïeule des vents ». Aussi appelée Kokum Baie, « celle qui nourrit la vie », Catherine Beaulieu meurt le 24 août 1918, à l’âge de 82 ans.

Pour en savoir plus sur les femmes du Nord, lisez les articles L’interprète à la robe dorée, Portraits de la vie d’une Labradorienne et « Ambassadrice de la paix » dans les archives de Cette semaine en histoire.

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