Cette semaine en histoire

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La musique du courage

Pour la semaine du 21 novembre 2016

Le 25 novembre 1895, James Cleland Richardson voit le jour à Bellshill, en Écosse. Sa famille s’installe en Colombie-Britannique alors qu’il est encore adolescent. Plus tard, il rejoint les rangs du corps de cornemuses du 72nd Battalion Seaforth Highlander Cadet Corps à Vancouver.

James Richardson sera le plus jeune Canadien et le seul cornemuseur du pays à être décoré de la Croix de Victoria
© Bibliothèque et Archives Canada / C-033428

James a 18 ans lorsque le «Seaforth » est absorbé par le 16e bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Après un court entraînement à Valcartier (Québec), il est envoyé à l’étranger en octobre 1914, comme cornemuseur au sein du 16e bataillon d’infanterie, également connu sous le nom de Canadian Scottish.

À l’instar du clairon qui dirige une charge de cavalerie, les cornemuseurs font partie intégrante des régiments écossais. Ils reçoivent un entraînement et participent aux opérations militaires en tant que soldats, mais ils assument une responsabilité supplémentaire, celle de faire résonner leur instrument au-dessus des tranchées pendant que les bataillons montent à l’assaut. Le chant distinctif de la cornemuse contribue, croit-on, à renforcer le courage et la loyauté des soldats lorsqu’ils en ont le plus besoin.

Pour le 16e bataillon, l’appel au courage vient le 8 octobre 1916, pendant la bataille de la Somme. Le moral est bas : les victimes se multiplient tandis que les soldats pataugent dans la boue et les débris qui leur arrivent à la taille. Richardson longe d’un bout à l’autre le fil qui démarque les tranchées en jouant de sa cornemuse. L’effet de ce défilé sur le bataillon restera gravé dans les mémoires, les hommes y puisant la détermination voulue pour s’emparer de leur objectif.

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Cérémonie d’inauguration d’une statue érigée en hommage au cornemuseur James Richardson en 2003 à Chilliwack (Colombie-Britannique)
© Chilliwack Museum and Archives / Wikimedia Commons

Plus tard dans la journée, pendant qu’il vient en aide aux soldats blessés et qu’il escorte des prisonniers, Richardson se rend compte qu’il a laissé sa cornemuse près des lignes ennemies. Il part la récupérer et disparaît à jamais.

On présume que l’histoire de James Richardson et de sa cornemuse s’est conclue à la Somme, comme celle de milliers d’autres soldats canadiens. Quatre-vingt-six ans plus tard, une caractéristique inhabituelle est remarquée sur une cornemuse exposée à l’école d’Ardvreck, en Écosse : l’instrument, découvert par un ancien enseignant à la Somme en 1917, porte le tartan de Lennox, arboré non pas par les régiments écossais, mais bien par les premiers cornemuseurs du 16e bataillon canadien.

Richardson est décoré à titre posthume de la Croix de Victoria, et sa cornemuse est rapatriée au Canada le 9 octobre 2006. L’instrument est exposé au palais législatif de la Colombie-Britannique pour souligner la bravoure et le sacrifice des hommes qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale. D’innombrables actes de courage soulignent l’importance d’événements historiques nationaux comme la bataille de Beaumont-Hamel, la bataille de Passchendaele et la deuxième bataille d’Ypres.

Nous célébrons le centenaire de la Première Guerre mondiale. Pour découvrir d’autres soldats décorés de la Croix de Victoria, lisez Protecteur de l’espace aérien et Premier coup au tableau de chasse de Billy Bishop dans les archives de Cette semaine en histoire.

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