Cette semaine en histoire

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De l’or, des espions et la reine de Roumanie

Pour la semaine du lundi le 31 octobre 2016

Le 6 novembre 1867, Joseph W. Boyle naît à Toronto. Ce futur entrepreneur, héros et confident de la monarchie, grandit à Woodstock (Ontario). Ses aventures au Yukon, en Russie et en Roumanie lui valent les surnoms de « roi du Klondike » et de « sauveur de la Roumanie ».

Portrait de Joe Boyle
© Photo reproduite avec la permission de la bibliothèque publique de Woodstock

Séduit par les promesses de l’or au Yukon, Boyle fonde la Canadian Klondyke Mining Company, société minière qui deviendra l’une des plus grandes de la région. C’est toutefois lorsqu’il prend le contrôle d’un barrage hydroélectrique qui alimente non seulement la ville de Dawson, mais aussi ses concurrents miniers, que sa fortune croît. Pendant les années qu’il passe à Dawson, Boyle gère l’équipe de hockey locale, les Dawson City Nuggets. En 1905, ceux-ci se qualifient pour la finale de la Coupe Stanley. Boyle accompagne son équipe à Ottawa, mais la victoire n’est pas au rendez-vous, et l’équipe perd.

Les aventures de Boyle ne font que commencer. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il équipe une unité de 50 mitrailleurs. Trop âgé pour la commander lui-même, il en devient le lieutenant-colonel honoraire et déménage à Londres, en Angleterre. C’est là qu’il adhère à l’American Committee of Engineers. C’est ce qui le mène à prendre la tête, en 1917, d’une mission d’ingénieurs dépêchée en Russie pour améliorer le réseau ferroviaire le long des lignes de front.

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Joseph Boyle posant avec la reine Marie (à gauche) et la princesse Ileanna (à droite) à Bicaz, en Roumanie
© Photo reproduite avec la permission de la bibliothèque publique de Woodstock

Lorsque les forces austro-allemandes envahissent la Roumanie en 1917-1918, Boyle se trouve toujours en Russie et il organise des secours d’urgence pour la population affamée. Au lendemain de la Révolution d’octobre, il fait appel à ses anciens contacts en Russie pour faire sortir clandestinement les joyaux de la Couronne et les archives nationales roumaines, qui sont conservés en Russie, et pour les rapatrier en Roumanie par train.

Dès lors, la Roumanie resserre ses liens avec Boyle, qui devient un ami proche et un confident de la reine Marie. En qualité d’émissaire de la souveraine en Russie, il négocie la libération de dignitaires roumains emprisonnés. Faisant fi du refus des Bolcheviks, il réussit à leur faire quitter Odessa en douce par bateau.

Sans surprise, les exploits de Boyle s’étendent aussi à l’espionnage. Pendant son séjour en Roumanie, il constitue un réseau de 400 à 500 espions en exploitant ses contacts dans le milieu militaire russe, et transmet ainsi des informations à la Grande-Bretagne et à la France. À la fin de la Première Guerre mondiale, il représente la Roumanie à la Conférence de paix de Versailles, où il négocie avec le Canada un prêt de 25 millions de dollars pour la reconstruction de fermes détruites en Roumanie.

À sa mort en 1923, Boyle est honoré partout en France, en Grande-Bretagne, en Russie et en Roumanie pour les nombreuses contributions qu’il a faites pendant la Première Guerre mondiale. Au Canada, Joseph W. Boyle est désigné personne d’importance historique nationale. Sa résidence, la V.I.P. Guest House près de Dawson, est un édifice fédéral du patrimoine reconnu. Pour en apprendre davantage sur la ruée vers l’or du Klondike, lisez De l’or!!! dans les archives de Cette semaine en histoire.

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