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Semaine du lundi le 27 mars 2000

Le 31 mars 1949, Terre-Neuve devient la dixième province du Canada, plus de 80 ans après l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867.

Joseph Smallwood

Joseph Smallwood
© BAC / PA-128080

Terre-Neuve avait envoyé deux représentants à la conférence de Québec sur la Confédération en 1864, mais avait refusé de se joindre à l'union. En général, les délégués terre-neuviens n'aimaient pas l'idée de gouvernements provinciaux faibles soumis à un gouvernement fédéral fort. De plus, certains catholiques et nationalistes irlandais de l'île considéraient la Confédération comme une version nord-américaine de l'Acte d'Union de 1801 entre l'Irlande et la Grande-Bretagne, qui était très controversé. Les Terre-Neuviens se retirèrent du débat après les élections de 1869, remportées avec une forte majorité par les opposants à la Confédération.

La Première Guerre mondiale et la Grande Dépression laissèrent Terre-Neuve au bord de la faillite. En 1933, une commission nommée par la Grande-Bretagne remplaça l'assemblée élue, suspendant la démocratie dans l'île jusqu'à ce que celle-ci ait rétabli sa situation financière. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, les Terre-Neuviens se retrouvèrent devant trois options : 1) cinq autres années avec la Commission, 2) le statut de dominion et une assemblée élue, ou 3) l'union avec le Canada. Clement Attlee et William Lyon Mackenzie King, respectivement premiers ministres de la Grande-Bretagne et du Canada, étaient en faveur de la troisième option, mais les Terre-Neuviens restaient indécis.

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Terre-Neuve est la dixième province à
entrer dans la Confédération
et conserve les frontières délimitées en 1927

Cette carte a été établie
d'après les renseignements tirés des cartes de
l'Atlas national du Canada.
© 1999. Sa Majesté la reine du chef du Canada,
avec l'autorisation de Ressources naturelles Canada.

En 1946, une convention nationale de 45 délégués se réunit pour débattre l'avenir de Terre-Neuve. Joseph Smallwood était celui qui manifestait le plus clairement son appui à la Confédération. Bien qu'ils fussent le plus souvent en désaccord avec lui, ses collègues acceptèrent d'envoyer des représentants à Londres et à Ottawa afin d'étudier l'option confédérative plus à fond. En 1948, Terre-Neuve tint deux référendums afin de décider de son avenir politique. Lors du premier, l'idée de conserver une commission non élue fut carrément rejetée, mais l'absence de majorité claire obligea à tenir un second référendum le 22 juillet. L'option confédérative fut choisie, mais avec une majorité très mince, voire douteuse de l'avis de certains. Les conditions de l'union furent acceptées le 11 décembre 1948 et Smallwood devint le premier ministre de la nouvelle province en mars 1949. Il demeura en poste jusqu'en 1971.

Smallwood, « l'homme le plus aimé et le plus haï de Terre-Neuve », s'est vu attribuer le succès du parti confédéraliste à Terre-Neuve. Il était convaincu que les Terre-Neuviens pourraient conserver leur caractère particulier au sein du Canada. Le ministre du Patrimoine canadien a reconnu l'importance historique nationale de Joseph Roberts Smallwood, le dernier Père de la Confédération, et celle de l'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération, par des plaques apposées à St. John's, Terre-Neuve.

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