Cette semaine en histoire

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Un trésor archéologique canadien

Pour la semaine de lundi le 6 juin 2016

Le 8 juin 2007, le village de Droulers-Tsiionhiakwatha a été désigné lieu historique national. Ce plus grand village iroquois préeuropéen connu du Québec est situé près du fleuve Saint-Laurent, au sud-ouest de Montréal. Le site datant de la fin du XVe siècle a permis aux chercheurs de comprendre le quotidien des premiers horticulteurs.

Un village iroquois reconstruit sert de centre d’interprétation près du site
© Michel Gagné / Parcs Canada

Droulers-Tsiionhiakwatha provient du nom du propriétaire foncier, François Droulers, et du terme amérindien  Tsiionhiakwatha, qui signifie « l’endroit où nous cueillons des baies ». Les chercheurs croient qu’entre 400 et 600 personnes vivaient dans le village entouré d’une palissade, selon les éléments de preuve provenant de 15 maisons longues et de 2 amoncellements (amas de détritus).

Jusqu’à maintenant, plus de 500 000 artefacts ont été déterrés sur le site. Ces objets étaient en excellent état de conservation parce qu’ils ont été enfouis dans un sol alcalin (plutôt qu’acide) qui a permis de préserver les matières organiques, comme les os et les semences. Des objets fabriqués à partir d’os de castors, de cerfs et d’ours ont été retrouvés et comprenaient des aiguilles, des harpons, des épingles à cheveux et des jouets. Des chaudrons étaient ornés d’illustrations et de dessins gravés, alors que des pipes à tabac en argile et en pierre de savon étaient décorées avec de l’ocre rouge. Le fourneau d’une pipe était sculpté en forme de porc-épic ou d’un autre petit mammifère.

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La vue du site de Droulers-Tsiionhiakwatha
© Michel Gagné / Parcs Canada

Des semences et des fragments de plantes carbonisés montrent que la communauté cultivait les « trois sœurs », soit la courge, le maïs et le haricot, ainsi que le tabac et le tournesol. Des ossements démontrent que la chasse et la pêche étaient pratiquées, mais les plantes cultivées représentaient de 65 % à 75 % du régime alimentaire des villageois. Ce site au sommet d’une colline était l’endroit idéal pour cultiver des aliments parce qu’il permettait le drainage du sol. Les baies et fruits sauvages abondants apportaient de la variété au régime. On estime que les cultures s’étendaient sur deux kilomètres autour du village.

Les Iroquois du Saint-Laurent étaient semi-sédentaires et ils ont vécu au même endroit pendant environ 20 ans. Le village de Droulers-Tsiionhiakwatha a été abandonné lorsque la terre est devenue infertile en raison de la culture intensive des aliments, ce qui a forcé les habitants à se déplacer dans un nouvel emplacement de la région.

Juin est le Mois national de l’histoire autochtone! Pour en apprendre davantage sur un autre site archéologique des Premières Nations, également inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, lisez l’article « Précipice à bisons Head-Smashed-In » dans les archives de Cette semaine en histoire.

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