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Histoire et légende à la colline Battle Hill des Gitwangak

Pour la semaine du lundi le 10 octobre, 2016

La colline Battle Hill des Gitwangak a été désignée lieu historique national le 14 octobre 1971. Située sur la rivière Skeena, dans le nord de la Colombie-Britannique, la colline Battle Hill des Gitwangak est un village gitxsan fortifié. Les archéologues y ont découvert les vestiges de cinq maisons multifamiliales, d’une palissade défensive et de nombreux celliers pour la nourriture. Ces diverses structures datent toutes des 18e et 19e siècles.

Vue de la colline Battle Hill des Gitwangak
© Parcs Canada

Selon la légende gitxsane, le guerrier Nekt aurait construit le village et s’en serait servi comme base de départ aux raids qu’il a menés sur la rivière Skeena et la côte du Pacifique pour se procurer de la nourriture et des esclaves. Lors des combats épiques qu’il a engagés pour maîtriser la région, Nekt s’affublait d’une armure en peau d’ours et s’armait d’une massue magique appelée k’i’laa, qui veut dire « il suffit d’un seul coup ».

Les fouilles archéologiques et historiques faites dans la région indiquent que le village a été construit dans un contexte de guerres commerciales et d’attaques-surprise. C’est notamment pour atténuer le risque de telles attaques que le sommet de la colline est surélevé par un amoncellement de terre et que la végétation est contrôlée. On fait également rouler des billots cloutés sur le flanc de la colline pour freiner les attaquants, et les maisons sont dotées de trappes dissimulées qui permettent aux occupants d’entrer au village et d’en sortir sans se faire repérer. Une des maisons comporte une cachette sous le plancher où l’on peut stocker les biens de valeur et se cacher des agresseurs.

Le village occupe un emplacement stratégique sur le sentier de troc Kitwankul, une importante route commerciale entre la côte et l’intérieur des terres. La précieuse huile d’eulakane transite vers l’est en passant par Gitwangak pour être échangée, aussi loin que dans les prairies, contre des paniers, du cuir et du pemmican.

Lorsque les armes à feu des Européens tombent aux mains des Premières Nations, le village fortifié s'avère désuet après 100 ans d’occupation. En 1835, les habitants abandonnent Gitwangak en faveur d’un autre village à six kilomètres de là, où se trouve aujourd’hui le conseil de bande des Gitwangak. Peu après ce déménagement, les villageois sculptent des poteaux-mitans pour évoquer les grands moments de leur tradition orale, dont la légende de Nekt. Ces totems comptent parmi les plus anciens qui subsistent encore dans leur village d’origine en Colombie-Britannique.

La colline Battle Hill des Gitwangak est désignée lieu historique national en raison de son patrimoine archéologique et de son lien avec les légendes locales. Anciennement appelé fort Kitwanga, l’endroit est renommé en 2006 à la demande du conseil de bande des Gitwangak. Pour en savoir plus sur les sites archéologiques des Premières Nations, lisez Un trésor archéologique canadien dans les archives de Cette semaine en histoire.

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