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Des voyageurs canadiens remontent le Nil

Semaine du lundi le 14 septembre, 1884

Le 14 septembre 1884, environ 380 Canadiens quittent Montréal pour rejoindre une expédition de l’armée britannique en Égypte et au Soudan. Ces « voyageurs du Nil », comme on les appelle, réussissent à remonter le cours du Nil et deviennent le premier contingent canadien à servir dans une campagne militaire outremer. Si la campagne du Nil est peu connue de nos jours, à l’époque elle est au cœur des discussions sur le rôle du Canada au sein de l’Empire britannique.

Les voyageurs du Nil posent devant le Parlement. Ottawa, 1884
© Canada. Bureau des brevets / Bibliothèque et Archives Canada / C-009990

En 1882, les Britanniques envahissent l’Égypte pour avoir la mainmise sur le canal de Suez. À la même époque, « el Mahdi », qui s’est déclaré prophète, dirige un mouvement armé qui veut mettre un terme à la domination de l’Égypte sur le Soudan. En 1884, les forces du Mahdi assiègent Khartoum, la capitale du Soudan, ce qui pousse les Britanniques à lancer une campagne pour libérer la ville. Confronté aux rapides capricieux du Nil, le général Garnet Wolseley, qui a déjà passé une dizaine d’années au Canada, fait appel aux services de « voyageurs » canadiens pour piloter les bâtiments britanniques en amont du fleuve.

Sir John A. Macdonald, le premier ministre de l’époque, croyant que ces hommes s’engageaient comme travailleurs et non comme soldats, donne son accord au recrutement de marins canadiens. En seulement trois semaines, un contingent hétéroclite est assemblé, composé d’hommes venus du Manitoba, de l’Ontario et du Québec, et dont près du cinquième sont des Métis, des Ojibways, des Cris et des Mohawks.

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Col. Frederick C. Denison, à la tête des voyageurs du Nil
© James Ashfield / Bibliothèque et Archives Canada / C-009997

Les voyageurs du Nil sont des marins chevronnés, mais le fleuve pose des difficultés et l’avance est lente. Au terme de leur contrat de six mois, les Britanniques sont encore loin de Khartoum. Malgré les incitations à renouveler leur engagement, la plupart des hommes décident de rentrer au pays. Seulement 89 d’entre eux se rengagent. Quand les Britanniques atteignent enfin Khartoum en janvier 1885, la ville est tombée aux mains des forces de Mahdi. Les Britanniques prennent alors une crête voisine et délogent les troupes du secteur. En tout, seize voyageurs périssent par noyade, de la maladie ou à la suite d’accidents.

Les voyageurs rentrent au Canada entre février et mai 1885. Ils sont remerciés pour leur service par la reine Victoria, le général Wolseley et le Parlement britannique. Chacun reçoit la Médaille d’Égypte avec la barrette du Nil, ainsi que l’étoile de Khedive, et certains reçoivent aussi la barrette spéciale Kirbekan.

Le Canada et la Guerre d’Afrique du Sud est désigné événement d’importance historique nationale pour avoir été la première mission de combat du Canada outremer. Le sergent Thomas Prince, l’un des sous-officiers canadiens les plus décorés et personne d’importance historique nationale, est le descendant direct du chef William Prince, l’un des dirigeants des voyageurs du Nil. Pour en savoir plus sur le Canada et la Guerre d’Afrique du Sud, lisez L'armée canadienne en Afrique du Sud. Pour en savoir plus sur le sergent Thomas Prince, lisez Thomas Prince : un soldat d’élite dans la Brigade du diable dans les archives de Cette semaine en histoire.

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