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Thomas Prince : distingué membre de la Brigade du diable

Semaine du lundi le 15 juin 2015

Le 15 juin 1945, le sergent Thomas « Tommy » George Prince est démobilisé honorablement de l’Armée canadienne. Avec 11 médailles à son actif, il est non seulement le soldat autochtone le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi l’un des sous-officiers ayant reçu le plus de médailles de l’histoire militaire canadienne.

Le sergent Tommy Prince (à droite), avec son frère le soldat Morris Prince, lors d’une cérémonie de remise d’insignes au palais de Buckingham en février 1945, où le roi George VI lui a remis la Médaille militaire ainsi que la Silver Star au nom du président des États‑Unis.
© Christopher J. Woods / Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-142289

Arrière-arrière-petit-fils du chef des Saulteaux Peguis, Thomas Prince voit le jour en 1915. Il grandit dans la réserve Brokenhead, au Manitoba. Son père lui enseigne les techniques traditionnelles de chasse et de piégeage, et il devient ainsi un tireur de précision et un pisteur habile.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en septembre 1939, Prince est impatient de se rallier à l’appel du drapeau. Il se bute dans un premier temps à la discrimination raciale, mais il parvient finalement à s’enrôler en juin 1940. En 1942, il obtient avec distinction le grade de sergent au sein du Bataillon de parachutistes canadiens. Il figure par la suite au nombre des rares soldats canadiens recrutés pour servir dans la Première Force de Service spécial, aux côtés des troupes américaines. Cette unité d’assaut d’élite, reconnue pour ses missions de reconnaissance et ses raids, est surnommée « Brigade du diable ».

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Monument à la mémoire de Tommy Prince au parc Kildonan, à Winnipeg.
© Wikimedia Commons

Prince se distingue en Italie et en France en mettant à contribution les talents de pisteur et de tireur qu’il a maîtrisés pendant son enfance. Sur la ligne de front italienne, en février 1944, il se rend seul en territoire ennemi pour entretenir une communication secrète par fil téléphonique, et ce, à seulement 200 mètres de la position d’artillerie allemande qu’il espionne! Lorsque le fil est endommagé, Prince se déguise en fermier et, sous le nez des troupes allemandes, fait mine de sarcler son champ alors qu’il est en train de réparer le fil. Pour cet acte de bravoure, il se voit décerner la Médaille militaire.

Après sa démobilisation, Prince rentre au pays et devient président de la Manitoba Indian Association. Il revendique auprès du gouvernement canadien l’amélioration des perspectives scolaires et économiques pour les Premières Nations, mais sans grand succès. Incapable de trouver un emploi, Prince s’enrôle à nouveau et accomplit deux périodes de service durant la guerre de Corée (1950-1953).

Le sergent Thomas Prince est l’un des quelque 12 000 Canadiens d’origine autochtone à avoir servi durant les Première et Seconde Guerres mondiales ainsi que la guerre de Corée. En reconnaissance des efforts de ses soldats, le service militaire des Autochtones pendant la Première Guerre mondiale a été désigné évènement d’importance historique nationale. Chief Peguis a été désigné personne d’importance historique nationale pour ses talents de chasseur, de guerrier, de diplomate, et de leader.

Juin est le mois national de l’histoire autochtone. Pour en savoir plus sur la contribution des peuples autochtones durant les Première et Deuxième Guerres mondiales, lisez Une légende de la course à pied est née et Le caporal Pegahmagabow, l'un des meilleurs tireurs d'élite de la Première Guerre mondiale dans les archives de Cette semaine en histoire. Vous pouvez également consulter les Commémorations des guerres mondiales du gouvernement du Canada.

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