Cette semaine en histoire

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L’éclaireuse de la Croix-Rouge à Terre-Neuve

Pour la semaine du 3 octobre 2016

Le 5 octobre 1940, Mona Gordon Wilson assume son rôle de commissaire adjointe de la Croix-Rouge à St. John’s, Terre-Neuve. L’organisme n’a aucune section locale dans la province; c’est donc tout un travail de construction qui attend Wilson. Toutefois, comme elle a déjà travaillé au service de la Croix-Rouge à l’étranger et occupé les fonctions d’infirmière en chef de la Santé publique à l’Île-du-Prince-Édouard, elle est bien outillée pour relever le défi.

Portrait de Mona Gordon Wilson (date inconnue)
© PEI PARO / no d’acc. 2320 / série 8 / dossier 42

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la force d’escorte de Terre-Neuve, appuyée par la Marine royale canadienne, assure la protection des convois qui naviguent entre Terre-Neuve et l’Irlande. Les sous-marins militaires allemands, appelés U-Boots, réussissent malgré tout à couler des navires. Des bâtiments de sauvetage ramènent les survivants à St. John’s et les confient à Wilson, qui se charge alors de leur bien-être physique et social.

Même si ce sont parfois des centaines de rescapés qui arrivent au cours d’une même journée, Wilson met un point d’honneur à venir tous les accueillir personnellement au quai de St. John’s, peu importe l’heure de la journée. Ceux qui ont besoin de soins médicaux sont transportés à l’un des cinq hôpitaux que gère Wilson avec le concours de 300 bénévoles dévoués. Trois de ces établissements se trouvent à St. John’s, un à Botwood, et le dernier, à Gander.

Wilson est également membre du conseil d’administration de la St. John’s War Services Association. À Noël 1940, l’association ouvre un refuge pour survivants et militaires, appelé le Caribou Hut, dans la rue Water, au centre-ville de St. John’s. Les rescapés s’y voient offrir un repas chaud, une douche, un rasage et un lit propre.

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Mona Gordon Wilson (à droite), en compagnie de la mère de la Reine Elizabeth à l’Île-du-Prince-Édouard, lors d’une visite royale au Canada en 1967
© PEI PARO / No d’acc. 2320 / 29-12

Comme les survivants arrivent toujours avec très peu d’effets personnels, Wilson fait en sorte d’obtenir un approvisionnement continu de sacs remplis de vêtements et d’articles de toilette qui leurs sont ensuite distribués. Des bénévoles de toutes les régions de Terre-Neuve confectionnent un nombre incalculable de chandails, de chaussettes, de mitaines et de coupe-vent. Ils organisent également des pique-niques et des sorties au cinéma et animent des ateliers d’artisanat dans les hôpitaux. Les patients prennent part à ces activités avec enthousiasme. Dans son autobiographie, Wilson ne manque pas de faire mention du portrait cocasse présenté par des officiers de la marine quittant l’hôpital tenant fièrement en main une girafe au long cou ou un éléphant rose confectionné pour leur épouse ou leurs enfants.

Mona Gordon Wilson, 1894-1981, obtient le prix Florence Nightingale, la plus haute récompense accordée dans le domaine des soins infirmiers à l’échelle mondiale. Elle est aussi décorée de la Médaille du jubilé d’argent du Roi. Wilson obtient le statut de personne d’importance historique nationale en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à l’effort de guerre.

L’année 2016 marque le 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale, et le mois d’octobre est le mois de l’histoire des femmes. Pour en savoir plus sur le rôle qu’ont joué les femmes pendant la guerre, lisez Elles font des vagues : les femmes dans l’armée, « Un, c’est encore trop » : la lutte de Cairine Wilson pour libéraliser les politiques d’immigration du Canada et Nous sommes dans la marine maintenant! dans les archives de Cette semaine en histoire.

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