Cette semaine en histoire

Archives

À mes chers frères

Semaine du lundi 14 décembre 2015

En décembre 1917, le caporal suppléant John Franklin (« Frank ») McCrady glisse dans une carte brodée le menu de son repas de Noël dans les tranchées et l’expédie à son frère. Il s’agit là d’une des millions de lettres échangées chaque année entre des soldats canadiens déployés au front pendant la Première Guerre mondiale et leurs proches restés au pays. Grâce au Service de la poste aux armées, ce simple souhait du temps des fêtes se rend de « quelque part en France » jusqu’à la ferme familiale à Lyn, en Ontario.

Des soldats canadiens à la plaine de Salisbury reçoivent des lettres de Noël. Une « ligue pour les lettres des soldats » s’assurait que même ceux sans famille recevaient des vœux pour le temps des fêtes.
© Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada

Créé en mai 1911, le Service de la poste aux armées, ou le « département du moral » comme il est souvent appelé par les soldats, assure un lien important entre les Canadiens au pays et ceux qui sont à l’étranger. Les milliers de colis et d’enveloppes livrés aux soldats chaque jour renferment des mots encourageants venant de leurs êtres chers, du sirop d’érable, des friandises maison, des journaux locaux et d’autres rappels de la vie quotidienne à la maison. Les réponses des soldats, censurées pour en retirer tout renseignement classifié, donnent aux gens à la maison un bref aperçu de la vie au front et les rassurent que leurs hommes sont encore en vie.

La carte de Noël du caporal suppléant McCrady aurait été recueillie pendant l’appel au courrier lancé par un bureau de poste de campagne assigné à une brigade mobile au front. Ces bureaux, qui suivent les troupes, offrent une « adresse » permanente aux soldats toujours en déplacement. De là, la carte et des milliers d’autres auraient voyagé en train et camion jusqu’au port côtier le plus proche, probablement Le Havre, avant d’être chargées dans un bateau à destination de l’Angleterre. Elles auraient ensuite été acheminées en train au centre de traitement à Londres, où le courrier est trié et envoyé à Liverpool, d’où il est transporté en bateau jusqu’à Halifax ou Québec. La carte de McCrady est ensuite livrée au bureau de poste de Brockville et, à partir de là, à Lyn, un village voisin.

“INSERT
La carte de Noël du caporal suppléant Frank McCrady
© Chris McCrady

La livraison est longue et comporte plusieurs étapes. Il faut souvent des semaines pour qu’une lettre traverse l’Atlantique. Cependant, pour la famille McCrady, ça valait la peine d’attendre pour apprendre que Frank était vivant et qu’il avait passé un Noël en sécurité et heureux, en savourant un repas de rôti de bœuf et de pouding de Noël anglais!

L’ancien bureau de poste de Brockville, l’arrêt final du périple des cartes de Noël, a été désigné lieu historique national en 1983.

Cette année marque la deuxième année du centenaire de la Première Guerre mondiale. Pour en savoir plus, visitez les Commémorations des guerres mondiales du gouvernement du Canada. Pour en savoir plus sur la vie quotidienne des soldats canadiens, lisez Août 1914 : le Canada se prépare pour la guerre, Des rations pour l'esprit, et Noël au front des archives Cette semaine en histoire.

Suivez-nous sur Twitter @ParcsCanada! Visitez aussi la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Date de modification :