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La détention de prisonniers de guerre au Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale

Semaine du lundi le 8 juin 2015

Le 10 juin 1940, après de longues délibérations au sein de son Cabinet de guerre, le gouvernement canadien accepte de recevoir sur son territoire des prisonniers de guerre et des civils internés en Grande-Bretagne. Cette décision est à l’origine de l’une des plus grandes contributions du Canada aux efforts alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Prisonniers de guerre allemands au Camp 30 à Bowmanville (Ontario), 1941. Les prisonniers avaient le droit de porter leur uniforme et leur insigne de grade dans les camps d’internements.
© Clarington Museums and Archives

En juin 1940, les forces britanniques ont déjà capturé des milliers de soldats et d’officiers allemands. Ceux-ci sont détenus en Grande-Bretagne à titre de prisonniers de guerre. Le gouvernement britannique détient aussi des civils allemands et des immigrants autrichiens, dont certains sont des réfugiés juifs. Il considère que ces personnes constituent une menace à la sécurité nationale en raison de leur origine ethnique. Cependant, à mesure que la guerre progresse, on a besoin des soldats stationnés dans les camps pour défendre le pays et ses alliés. En outre, la menace d’une invasion allemande pèse sur la Grande-Bretagne. Si cela devait se produire, les prisonniers de guerre pourraient reprendre les armes. C’est alors que le gouvernement britannique se tourne vers le Canada pour lui demander de recevoir ses détenus.

Les vastes étendues canadiennes et l’éloignement du continent nord-américain font du Canada l’endroit idéal pour détenir les prisonniers de guerre et les civils internés. Il y a déjà au Canada des camps d’internement où sont détenus les marins marchands capturés et les civils canadiens considérés par les autorités canadiennes comme constituant une menace à la sécurité nationale. Pour répondre à la demande de la Grande-Bretagne, 26 camps d’internement et certains camps de travail sont établis dans des bâtiments inoccupés, comme des usines désaffectées, des anciennes écoles et de vieux moulins, principalement dans les régions rurales de l’Alberta, de l’Ontario et du Québec. Plus de 38 000 prisonniers de guerre et ressortissants de pays ennemis sont envoyés au Canada par la Grande-Bretagne.

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Prisonniers de guerre allemands dans une salle de classe du camp 42 à Sherbrooke (Québec), juin 1944. Les autorités canadiennes veillaient à l’enseignement des valeurs démocratiques de la société canadienne.
© Imperial War Museum / INS 7536

De nombreux Canadiens s’opposent à la présence de ces prisonniers de guerre, mais certains les accueillent comme ouvriers agricoles ou dans d’autres secteurs pour pallier le manque de main-d’œuvre provoqué par la guerre. Dans les camps, les autorités canadiennes respectent les normes internationales relatives au traitement des prisonniers de guerre établies dans la Convention de Genève de 1929. Logés et nourris adéquatement, les détenus bénéficient aussi de soins médicaux appropriés, dans l’espoir que les Canadiens tombés aux mains de l’ennemi soient traités selon les mêmes normes. Certains détenus allemands choisissent même de rester au pays après la guerre pour y refaire leur vie!

La détention de prisonniers de guerre militaires et de sujets de pays ennemis transférés par la Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale est un événement historique national. Le Centre d’éducation pour garçons de Bowmanville/Camp 30, ancien camp d’internement, est un lieu historique national.

Cette année marque la deuxième année du 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale. Pour en savoir plus sur l’effort de guerre du Canada sur le front intérieur, lisez les articles La mobilisation des réservistes, Au boulot!, et La bataille de l’Atlantique – une guerre sur le front domestique dans les archives de Cette semaine en histoire. Vous pouvez également consulter les Commémorations des guerres mondiales du gouvernement du Canada.

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