Cette semaine en histoire

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Un journal francophone : une première dans les Maritimes

Pour la semaine du lundi 29 février 2016.

Le 5 mars 1867, Israël Landry annonce la fondation du Moniteur Acadien, le premier journal de langue française dans les Maritimes. Ce journal se donne pour mission d’unir les Acadiens et de leur donner une tribune pour discuter de leurs préoccupations.

Prospectus diffusé par Israël Landry le 5 mars 1867
© Musée acadien de l’Université de Moncton

Né dans le Bas-Canada (Québec), Landry se passionne néanmoins pour la cause des Acadiens. Il s’installe à l’Île-du-Prince-Édouard au début des années 1860 et consacre le plus clair de son temps à soutenir la culture acadienne. C’est l’époque où les Acadiens réaffirment leur présence après la déportation dont ils avaient été victimes en 1763. Les Acadiens réagissent aussi aux répercussions de la nouvelle Confédération canadienne sur leur culture.

Sous la devise « Notre langue, notre religion et nos coutumes », le premier numéro du Moniteur Acadien est publié à Shediac, au Nouveau‑Brunswick, le 8 juillet 1867. L’hebdomadaire, qui s’intéresse d’abord aux Acadiens, publie aussi des messages de différentes communautés et des articles traitant d’agriculture et de sujets d’actualité, comme les écoles dans les Maritimes et la construction du chemin de fer. Le journal couvre aussi trois conventions acadiennes, soit celles de 1881, 1885 et 1890, au cours desquelles est dévoilé le drapeau acadien, décrétée la Fête nationale des Acadiens, désignée la patronne des Acadiens, Sainte-Marie, Mère de Dieu, et choisi l’hymne national acadien, l’Ave Maria Stella.

Israël Landry, fondateur du Moniteur Acadien
© L'Illustration du Journal Le Moniteur Acadien : supplément illustré publié à l'occasion du 25e anniversaire de sa fondation, Shediac, 1892

En 1868, Landry quitte le journal pour embrasser la carrière d’organiste. Norbert Lussier, un rédacteur en chef du Bas-Canada, prend brièvement la relève jusqu’en 1871, année où son adjoint, Ferdinand Robidoux, devient lui-même rédacteur en chef et propriétaire du journal. Le Moniteur Acadien cesse de paraître en 1926. Cinquante-huit ans plus tard, le journal renaît sous une nouvelle forme à Shediac. Il paraît encore aujourd’hui!

Israël Landry et Ferdinand Robidoux font tous deux partie d’un groupe de personnalités du milieu littéraire appelé les Hommes de Lettres, à l’instar de Pascal Poirier, Placide Gaudet et John Webster. Ces hommes font l’objet d’une commémoration collective pour avoir enrichi la vie culturelle au Canada, particulièrement pour les Acadiens. Les Dix conventions acadiennes (1881-1937), dont certaines sont couvertes par Le Moniteur Acadien, sont un événement d’importance historique nationale en raison de leur rôle dans l’établissement et l’affirmation d’une identité nationale pour le peuple acadien.

Pour en savoir plus sur les Acadiens, lisez : Fête nationale des Acadiens, L'Odyssée des Acadiens, Le retour des Acadiens, et Bleu, blanc, rouge... avec une étoile en prime! dans les archives de Cette semaine en histoire.

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