Cette semaine en histoire

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Militant et avocat sans droit d'exercer

Pour le semaine de 20 juin 2016

Le 26 juin 2012, l’avocat Andrew Paull est désigné personne d’importance historique nationale en reconnaissance de son dévouement à l’avancement des droits des Premières Nations. Jeune adolescent, il défend déjà de nombreuses causes à une époque où les Autochtones n’ont même pas encore obtenu le droit de vote au Canada.

Portrait d’Andrew Paull tiré du livre Andy Paull: As I Knew Him and Understood his Times
©Herbert Francis Dunlop

Andrew Paull naît le 26 février 1892 et grandit dans la réserve no 1 de Mission River, mieux connue sous le nom d’Ustlawn, à North Vancouver. À sept ans, il est envoyé au pensionnat indien St. Paul’s, qui se trouve dans les environs. Contrairement à bien d’autres enfants autochtones, son expérience au pensionnat est positive, et il reste ami avec les religieuses longtemps après la fin de ses études. Il passe ensuite deux ans à apprendre les traditions et la culture de la Première Nation des Squamish auprès des aînés de sa communauté. Puis Paull est engagé comme assistant dans un cabinet d’avocats.

Son charisme et son excellente mémoire font de lui un candidat idéal pour le droit. Toutefois, pour pouvoir être admis au barreau, Paull est tenu de renoncer à son statut d’Indien, ce qu’il refuse de faire. Il devient donc un avocat sans droit d’exercer sa profession, mots que lui-même utilise pour décrire sa situation. Dans les années qui suivent, il met à contribution sa connaissance du système juridique pour défendre de nombreuses causes touchant les Premières Nations : la reconnaissance des titres fonciers et l’obtention de droits côtiers en Colombie‑Britannique, ainsi que le droit des Autochtones à un gagne-pain, aux soins médicaux et à l’éducation.

Andrew Paull a été entraîneur de nombreuses équipes sportives autochtones
© Herbert Francis Dunlop

Andrew Paull est un membre éminent de l’Alliance des tribus de la Colombie‑Britannique, du conseil de bande des Squamish et de la Fraternité des Indiens de la Colombie-Britannique. En tant que président de la Fraternité des Indiens d’Amérique du Nord, il cherche avant tout à rassembler toutes les Premières Nations au sein d’une seule instance gouvernante.

La vision de Paull et les causes qu’il défend ont une portée considérable, mais on le connaît aussi pour son engagement communautaire. En effet, il est entraîneur de nombreuses équipes victorieuses de crosse et de baseball, musicien et chef d’orchestre dans un orchestre communautaire, et il écrit régulièrement des articles de sport dans le Vancouver Province. En outre, Paull édite et publie Thunderbird et Totem Speaks, deux rubriques à l’intention des lecteurs autochtones. Il est reconnu pour sa générosité, sa vivacité d’esprit et sa forte personnalité.

Andrew Paull laisse un héritage remarquable. Grâce à ses efforts, des modifications importantes sont apportées à la Loi sur les Indiens, notamment le droit de présenter des réclamations territoriales et de prendre part à des potlatchs. Andrew Paull meurt le 28 juillet 1959.

C’est le Mois national de l’histoire autochtone! Pour en savoir plus, lisez les articles Le rétablissement de l’autonomie gouvernementale, Le Mois national de l’histoire autochtone et Célébration de la Journée nationale des Autochtones dans les archives de Cette semaine en histoire.

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