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Oh, la barbe! Le lien entre le Canada et Winnie l’ourson

Pour la semaine du lundi le 24 août, 2015

Le 24 août 1914, à White River, en Ontario, le lieutenant Harry Colebourn se lie d’amitié avec un être très particulier.

Appelé de Winnipeg en raison de la Première Guerre mondiale, Colebourn s’apprête à prendre le train pour le camp d’entraînement de Valcartier (Québec) lorsqu’il fait une rencontre fatidique avec une oursonne noire âgée de sept mois. Colebourn offre 20 dollars au trappeur propriétaire de l’animal, et le Canadian Army Veterinary Corps (CAVC) quitte White River avec une nouvelle mascotte.

Colebourn enseigne des tours à Winnie. Elle exécutera ensuite ces numéros devant les spectateurs du zoo de Londres
© Bibliothèque et Archives Canada / 03631
Baptisée Winnipeg, la petite « Winnie » devient vite la coqueluche des soldats du camp de Valcartier, et elle suit la 2e Brigade d’infanterie canadienne jusqu’en Angleterre. Pendant une saison particulièrement grise et pluvieuse à Salisbury Plain, l’exubérance de Winnie, qui rappelle celle d’un chiot, et sa capacité d’exécuter des numéros remontent le moral des soldats.

La carrière militaire de Winnie se termine toutefois peu après, lorsque Colebourn est déployé en France. Le 9 décembre 1914, il confie Winnie au zoo de Londres.

Durant la guerre, le lieutenant Colebourn est déployé à l’Hôpital vétérinaire canadien no 1 au Havre, en France, ainsi qu’à plusieurs autres endroits. Il participe à la deuxième bataille d’Ypres avec la 2e Brigade d’infanterie canadienne, ou il soigne des chevaux empoisonnés par le chlore. Colebourn est promu et reçoit une citation à l’ordre du jour en reconnaissance de ses exploits. À chaque fois qu’il bénéficie d’un congé en Angleterre, il trouve toujours le temps de rendre visite à Winnie au zoo.

Colebourn et Winnie à Salisbury Plain
© Bibliothèque et Archives Canada / 03631 - 107.

La guerre terminée, Colebourn tente de récupérer Winnie, mais il constate que le public a succombé au charme de l’oursonne. Il décide donc de la laisser entre les mains des gens qui l’ont hébergée pendant la guerre.

Un jeune garçon nommé Christopher Robin Milne compte parmi les plus fervents des admirateurs de Winnie. Son affection pour l’oursonne est telle qu’il renomme Winnie son ours en peluche. Le père du garçon, l’auteur A.A. Milne, ne manque pas de remarquer cet attachement et, lorsque le London Evening News lui demande d’écrire un conte pour la veille de Noël, il crée Winnie l’ourson.

L’amitié inhabituelle entre un jeune lieutenant et un ours noir est entrée dans l’expérience canadienne de la Première Guerre mondiale, tout comme certains événements importants comme les batailles de la Crête de Vimy et de Passchendaele. La bataille de la Crête de Vimy est un lieu historique national en France tandis que celle de Passchendaele est désignée comme événement d’importance historique nationale.

Cette année marque le centenaire de la Première Guerre mondiale. Pour découvrir d’autres histoires sur la guerre, lisez les articles suivants dans les archives de Cette semaine en histoire : Le Canada entre dans la Grande Guerre, Août 1914 : le Canada se prépare pour la guerre et Baptême par le feu : les Canadiens à Ypres. Vous pouvez aussi consulter la page Commémorations des guerres mondiales du gouvernement du Canada. Pour en savoir plus sur le rôle des animaux dans les forces militaires canadiennes, lisez Sergeant Gander au travail!

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