Cette semaine en histoire

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Un savoir ancestral

Semaine du lundi 15 décembre 2014

Le 20 décembre 1654, l’église catholique Notre-Dame de Québec fait allusion pour la première fois à une sage-femme au Canada : il s’agit de Marguerite Langloise. À l’époque, en Nouvelle-France, les femmes qui accouchent sont généralement assistées par une sage-femme. Les médecins et chirurgiens n’interviennent qu’en cas de complication.

Sage-femme assistant une mère en France. Les conditions d’accouchement dans la colonie étaient beaucoup plus rudimentaires.
© Bibliothèque nationale de France / Abraham Bosse / OA‑22‑FOL 240‑250 / 1633

Marguerite Langloise offre ses services aux quelques femmes qui résident en Nouvelle-France en ce milieu de 17e siècle. À compter de 1663, la population féminine se met cependant à augmenter avec l’arrivée des Filles du roi, ces jeunes femmes dépêchées au Nouveau-Monde par le roi pour épouser des colons français. Les familles ainsi formées alimentent l’expansion de la colonie, et l’augmentation des naissances entraîne une demande accrue pour les services de sages-femmes. En aidant les femmes à mettre au monde des bébés en santé dans des conditions sécuritaires, les sages-femmes jouent un rôle clé dans les efforts de colonisation de la France.

Certaines des sages-femmes qui s’établissent en Nouvelle-France ont suivi leur formation à l’Hôtel-Dieu de Paris, l’une des meilleures écoles d’obstétrique d’Europe à cette époque. Madeleine Bouchette en fait partie et elle devient, en 1722, la première sage-femme de la Nouvelle-France à recevoir un salaire du roi. D’autres sont formées dans la colonie et transmettent leur savoir de mère en fille ou de matrone à apprentie. C’est justement le cas de Marguerite Langloise qui, plusieurs décennies auparavant, avait formé sa nièce Hélène Desportes, laquelle a ensuite enseigné son métier à ses filles, Françoise Hébert et Louise Morin. Ce cycle se poursuivra pendant de nombreuses générations.

À l’époque, l’accouchement est dangereux et pour la mère, et pour l’enfant. Comme il est important pour les colons catholiques de Nouvelle-France que leurs enfants soient baptisés pour garantir leur entrée au paradis, les prêtres de paroisse forment les sages-femmes pour qu’elles puissent administrer le baptême. Ainsi, si l’église se trouve trop loin ou que le nouveau-né est faible et risque de mourir en cours de route, la sage-femme peut le baptiser sans délai.

La contribution des sages-femmes de Nouvelle-France, pionnières de l’obstétrique, a été désignée événement d’importance historique nationale, tout comme l’immigration des Filles du roi en Nouvelle-France.

Pour en savoir plus au sujet des Filles du roi, lisez l’article Une arrivée tant attendue, dans les archives de Cette semaine en histoire. Pour plus d’information sur la contribution des femmes à la santé publique au Canada, lisez La NONIA : un nouveau-né utile à la communauté!, La « garde » de La Corne, « Mamie Yip »Guérir le corps, sauver l’âme ,et La docteure Emily Stowe lutte contre les problèmes sociaux.

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