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Les émeutes de la conscription à Québec

Semaine du lundi le 30 mars 2015

Le 1er avril 1918, « les émeutes de la conscription » sont réprimées à Québec. Les soldats dispersent les foules qui manifestent depuis trois jours dans les rues de Québec leur opposition à la décision du premier ministre Robert Borden d’imposer la conscription. La conscription signifie que tous les Canadiens admissibles sont susceptibles d’être appelés au service militaire obligatoire. La grogne se fait entendre partout au Canada, mais au Québec, la résistance bénéficie de l’appui des leaders de la communauté.

Manifestation pacifique contre la conscription au square Victoria à Montréal le 24 mai 1917
© Bibliothèque et Archives Canada / C-006859

Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, Borden promet de ne pas recourir à la conscription, mais en 1917 les efforts de recrutement tombent au point mort. Le nombre de pertes dans les tranchées de l’Europe surpasse celui des hommes qui s’enrôlent volontairement.

De passage en Grande-Bretagne, Borden fait la tournée d’une cinquantaine d’hôpitaux militaires et finit par être convaincu que la conscription est nécessaire. Au mois d’août 1917, il adopte la Loi du Service Militaire qui impose la conscription. Cette loi suscite immédiatement la controverse et divise le pays.

Si certains y sont favorables, d’autres ne le sont pas, dont des fermiers, des ouvriers et des objecteurs de conscience. L’opposition est concentrée au Québec, où l’on soutient que le Canada sacrifie ses hommes à la faveur de la guerre et des intérêts de la Grande‑Bretagne. Les demandes d’exemption affluent de toutes les provinces, mais sont accordées en plus grand nombre au Québec. Henri Bourassa, journaliste et homme politique québécois, et Wilfrid Laurier, premier francophone à avoir occupé le poste de premier ministre du Canada (de 1896 à 1911) et chef de l’Opposition pendant la Première Guerre mondiale, sont en désaccord avec Borden et militent en faveur d’un référendum national sur la conscription.

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Officiers canadiens-français du 22e Bataillon
© Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-022751

Le 28 mars 1918, une petite manifestation s’organise à Québec pour protester l’arrestation d’un homme en vertu de la Loi du Service Militaire. Le lendemain, la manifestation tourne à l’émeute. La foule grossit, met la ville à sac et affronte les forces de l’ordre. La tension atteint son paroxysme le 1er avril quand le sang se met à couler. Borden craint que le mouvement de contestation ne s’élève ailleurs au pays et ordonne à l’armée d’intervenir. Les soldats ont l’ordre de tirer sur la foule, ce qui met immédiatement un terme aux manifestations. Des dizaines de citoyens sont blessés, dont quatre mortellement. Craignant une recrudescence des protestations, Borden maintient le joug sur le Québec en déclarant illégale toute organisation qu’il juge subversive.

Au final, des milliers de Canadiens-Français prennent le chemin du front. Le 22e Bataillon canadien-français, formé de volontaires en 1914, livre bataille à la crête de Vimy, à Passchendaele et ailleurs. En juin 1921, le roi George V lui accorde le titre « royal » en reconnaissance des services rendus. En 1928, le bataillon reçoit son nom actuel de Royal 22e Régiment.

La crête de Vimy est un lieu historique national en France, et la bataille de Passchendaele est un événement d’importance historique nationale. Sir Robert Borden est une personne d’importance historique nationale.

Nous sommes dans la deuxième année des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale! Pour en savoir plus sur la participation du Canada à la Première Guerre mondiale, consultez Août 1914 : le Canada se prépare pour la guerre et Unis à la crête de Vimy. Pour en savoir plus sur Borden, cliquez sur Défendre notre nation : sir Robert Laird Borden dans les archives de Cette semaine en histoire.

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