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Le révérend Kosaburo Shimizu : Un guide pour les Canadiens d’origine japonaise

Semaine du lundi 11 mai 2015

Le 17 mai 1942, le révérend Kosaburo Shimizu et sa famille sont déplacés dans un camp d’internement à Kaslo, en Colombie‑Britannique. Durant la Seconde Guerre mondiale, plus de 22 000 Canadiens d’origine japonaise sont expulsés de leur résidence en Colombie‑Britannique et dépossédés de leur propriété et de leurs biens. Le déplacement forcé et l’internement des Canadiens d’origine japonaise se fait sur les ordres du gouvernement du Canada.

Portrait du révérend Shimizu, un leader influent de la communauté japonaise au Canada
© Église Unie du Canada / Conférence de la C.- B., s. d.

Pour Kosaburo Shimizu, qui a grandi au Japon, le Canada est un pays où les possibilités sont quasi illimitées. À 14 ans, il arrive au Canada pour travailler comme employé de maison et envoie de l’argent à sa famille. Il fréquente l’école, apprend l’anglais, adopte les coutumes des Canadiens et devient membre de l’Église méthodiste (aujourd’hui devenue l’Église Unie). En 1926, après des études universitaires, Shimizu est nommé pasteur de l’Église Unie japonaise de Vancouver. Le révérend s’engage à renforcer la communauté japonaise du Canada sur le plan social et spirituel. Il préconise l’instruction en anglais, favorise l’interaction avec les Eurocanadiens et encourage les membres à adopter les valeurs chrétiennes.

Malgré des efforts comme ceux de Shimizu, le racisme contre les Japonais au Canada s’accentue et culmine durant la Seconde Guerre mondiale. Le Japon est alors une force ennemie, et les Canadiens d’origine japonaise sont déclarés une menace pour la sécurité du pays. En vertu des Règlements concernant la défense du Canada, leur liberté devient fortement limitée, malgré leur loyauté au drapeau canadien.

Interné comme bien d’autres à Kaslo, Shimizu poursuit son rôle de ministre de l’Église Unie et de guide communautaire. Il encourage les relations positives avec les autorités locales et ouvre l’église à la fois à la célébration des services et à la tenue d’activités de loisirs. Avec l’aide de membres de la communauté, il participe à l’établissement d’écoles et à la création d’autres programmes éducatifs. Il tient aussi des séances de consultation pour les internés. Malgré les circonstances dissuasives et les ressources limitées, Shimizu rassemble les internés pour transformer le camp en une communauté de soutien.

Photographie d’un camp d’internement des Canadiens d’origine japonaise en Colombie-Britannique, 1945
©Jack Long / Office national du film du Canada / PA-142853

Shimizu et sa famille déménagent à Toronto après la guerre, où, comme il l’avait fait à Kaslo et à Vancouver, il poursuit son travail auprès de l’Église Unie et encourage les Canadiens d’origine japonaise à refaire leur vie et à reconstruire les communautés dans l’est du Canada.

Pour se rappeler l’expulsion forcée des Canadiens d’origine japonaise de leur résidence, l’internement des Canadiens d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale a été désigné un événement d’importance historique nationale. Le Nikkei Internment Memorial Centre, site d’un ancien camp d’internement, est un lieu historique national.

Pour en savoir plus sur l’expérience vécue par les Canadiens d’origine japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, lisez La promesse, Un épisode tragique de notre histoire et L’équipe de baseball des Asahi : une leçon de persévérance dans les archives de Cette semaine en histoire.

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