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Le « maire » du quartier chinois

Semaine du lundi le 28 juillet 2014

Le 31 juillet 1971 meurt Wong Foon Sien, un défenseur des droits de la personne au Canada qui a influencé les politiques en matière d’immigration et de citoyenneté du pays pendant des décennies.

Wong Foon Sein
© Larry Wong, « The Life and Times of Foon Sien », British Columbia History, vol. 38, no 3, 2005, p. 8

Né le 7 juillet 1899 en Chine, Foon Sien a neuf ans lorsqu’il déménage à Cumberland, en Colombie-Britannique, avec sa famille. Il étudie le droit, mais ne peut le pratiquer parce qu’il est d’origine chinoise. En effet, il n’est pas considéré officiellement comme un citoyen canadien, ce qui signifie qu’il ne peut exercer le droit de vote. Or ces deux conditions doivent être satisfaites pour pouvoir pratiquer le droit au Canada.

Il profite donc de ses compétences linguistiques pour travailler comme journaliste, militer pour les travailleurs et faire office de traducteur, notamment pour les services de police et les tribunaux de Vancouver. Il occupe aussi des fonctions importantes au sein de regroupements de Canadiens d’origine chinoise, comme celle de président de la Chinese Benevolent Association (CBA) de 1948 à 1959. Le legs de Foon Sien sera toutefois marqué par le combat passionné qu’il a mené pour mettre fin aux politiques d’immigration sélective du Canada.

Après la Seconde Guerre mondiale, Foon Sien, qui est alors membre de la CBA, s’oppose à la Loi de l’immigration chinoise. Cette « loi de l’exclusion » adoptée en 1923 interdit à presque tous les immigrants chinois d’entrer au Canada et a empêchée maints résidents d’être réunis avec leurs familles. Les membres de la CBA inondent de lettres les bureaux du gouvernement et dénoncent la Loi dans des discours publics. Leur cause est appuyée par l’annulation d’une loi similaire adoptée par les États-Unis en 1944. La Chine avait été une alliée durant la guerre, et plus de 400 Canadiens d’origine chinoise avaient servi dans l’armée canadienne. En 1947, annule la Loi sur l’immigration chinoise.

Wong Foon Sien, deuxième à partir du haut à droite, préside un rassemblement local visant à protéger les maisons situées dans le quartier chinois.
© Vancouver Public Library / Journal provincial / 41632A

Si les Chinois ont désormais le droit d’immigrer légalement au Canada, dans les faits, le processus demeure plutôt exclusif. En effet, les citoyens canadiens d’origine asiatique ne peuvent parrainer que leurs épouses et leurs enfants de moins de 18 ans. Durant les années 1960, Foon Sien effectue des « pèlerinages » fréquents à Ottawa pour demander au gouvernement de promouvoir l’adoption d’autres réformes aux lois en matière d’immigration qui permettraient aux familles de rejoindre les leurs au Canada.

Les efforts de Wong Foon Sien sensibilisent la classe politique à la réalité d’une tranche entière de la population. Wong Foon Sien est désigné personne d’importance historique nationale en 2008. Le quartier chinois de Vancouver, où il s’est fait connaître, est un lieu historique national.

Pour en savoir plus sur les Canadiens d’origine chinoise et le racisme, consultez les articles suivants dans les archives de Cette semaine en histoire : Le racisme légal, Le quartier chinois de Vancouver : un quartier animé!, Commémoration des travailleurs chinois du rail, « Mamie Yip », et Une porte sur une autre culture.

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