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La docteure Emily Stowe lutte contre les problèmes sociaux

Semaine du lundi 10 novembre 2014

Le 11 novembre 1867, la docteure Emily Stowe annonce ses services dans un journal de Toronto. Ce faisant, elle contrevient aux conventions sociales qui interdisent aux femmes d’exercer la profession de médecin.

Annonce par laquelle la docteure Stowe offre ses services, publiée le 11 novembre 1867 dans le journal torontois The Globe.
© The Globe, reproduit par Bibliothèque et Archives Canada

Emily Stowe naît en 1831 à Norwich, en Ontario, dans une famille de quakers. Ce mouvement religieux prône l’éducation et l’égalité des sexes, deux principes qui façonneront les valeurs personnelles de Stowe. Elle est enseignante dès l’âge de 15 ans, mais sept ans plus tard, elle se sent prête à relever un nouveau défi. Elle s’inscrit à une école d’enseignement de Toronto. Elle deviendra plus tard la première Ontarienne nommée directrice d’école!

Elle quitte son emploi en 1856 pour épouser John Stowe, puis elle décide d’étudier la médecine. Elle est touchée par les difficultés entourant le traitement de la tuberculose, maladie dont souffre son mari, et par la demande pour des femmes médecins dans la société en général. À l’époque victorienne, on considère que les femmes de bonnes mœurs ne doivent pas être soignées par un médecin masculin.

Stowe est diplômée d’un collège de médecine pour femmes à New York, mais elle ne peut obtenir de permis pour pratiquer sa profession au Canada. Seuls les diplômés d’une université canadienne peuvent obtenir un permis d’exercice, mais aucune institution canadienne n’accepte les femmes. Stowe est donc forcée de travailler sans permis. Elle fait des visites à domicile et rédige des ordonnances à titre de première femme médecin du Canada. Lorsqu’elle obtient enfin son permis en 1880, elle a déjà ouvert une pratique à Toronto.

L’Hôpital général de Toronto en arrière-plan avec, à gauche, la docteure Stowe, et à droite, une vignette représentant son travail de médecin et de militante pour les droits des femmes.
© Postes Canada, 1981. Reproduction autorisée.

La docteure Stowe se fait aussi connaître pour son militantisme social. Elle s’affaire à affirmer les droits politiques des femmes et milite entre autres pour l’obtention du droit de vote, l’amélioration des conditions de travail et l’accès aux services médicaux. Elle présente des exposés et fait circuler des pétitions partout en Ontario, en plus d’œuvrer au sein de diverses organisations, notamment le Conseil national des femmes.

Stowe meurt en 1903, mais sa fille, Augusta Stowe-Gullen, voit le droit de vote accordé aux femmes en 1918. Stowe-Gullen suit les traces de sa mère et devient elle aussi une médecin et militante respectée.

La docteure Emily Stowe a été désignée personne d’importance historique nationale en reconnaissance de ses réalisations à titre de médecin et suffragette. Le Collège de médecine pour femmes de l’Ontario, qu’elle a contribué à créer en 1883, est aussi le berceau du lieu historique national Women's College Hospital.

Pour en savoir plus sur les premières écoles de médecine pour femmes et les premières femmes médecins au Canada, lisez les articles Femmes médecins et La docteure Irma LeVasseur au secours des enfants dans les archives de Cette semaine en histoire. Pour en savoir plus sur d’autres membres du Conseil national des femmes, lisez les articles Le premier institut féminin et La « Governess General » du Canada.

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