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Le naufrage du RMS Empress of Ireland

Semaine de lundi le 26 mai 2014

Le 29 mai 1914, le Royal Mail Steamer (RMS) Empress of Ireland coule dans le golfe du Saint-Laurent, emportant avec lui plus de mille passagers et membres d’équipage. À 1 h 55, le navire quitte Québec pour Liverpool. Seulement 14 minutes plus tard, il ne reste que l’épais brouillard et quelques survivants.

Le RMS Empress of Ireland était l’un des navires Empress réputés pour leur sécurité, leur confort et leur rapidité.
© Bibliothèque et Archives Canada/PA-116389

Construit par la Fairfield Shipbuilding Company – une entreprise ecossaise – pour le compte du Chemin de fer Canadien Pacifique Limitée, le RMS Empress of Ireland accoste pour la première fois au Canada en 1906. Le bâtiment mesure 173,7 mètres (570 pieds) de long et pèse 14 191 tonnes brutes.

L’Empress est conçu pour rester à flot en cas de catastrophe, mais lorsque son flanc tribord (droit) est percé par une collision avec le petit navire norvégien SS Storstad, l’infiltration d’eau est si rapide que l’équipage n’a pas le temps de fermer les portes étanches. À la barre de l’Empress, le capitaine Kendall tente d’échouer le navire endommagé, mais ses efforts sont vains car les deux salles des machines sont inondées et le navire n’avance plus.

Carte montrant la trajectoire de collision. L’Empress (à gauche), tout comme le Storstad (à droite), change de cap à plusieurs reprises. Cependant, le banc de brouillard (au centre) qui réduit la ligne de visibilité est le principal responsable de l’accident.
© Musée royal de l’Alberta, ministère de la Culture de l’Alberta

Endormi au moment de l’accident, le capitaine Andersen du Storstad avait toutefois ordonné à Toftenes, son second, de le réveiller si le brouillard continuait d’épaissir. Selon l’enquête officielle menée au Canada, Toftenes aurait plutôt changé abruptement le cours du Storstad, causant la collision avec l’Empress. Cependant, une enquête subséquente instituée en Norvège conclut à la responsabilité du capitaine de l’Empress.

Les passagers de l’Empress, réveillés par l’impact de la collision, tentent de monter à bord des canots de sauvetage. Peu d’entre eux s’en tireront, mais la nuit ne manque pas de héros. Florence Barbour est secourue par Robert W. Crellin qui nage vers un endroit sûr avec la petite de huit ans sur son dos. Certains passagers donnent leur ceinture de sauvetage pour en sauver d’autres.

La tragédie fait 1 012 morts et laisse quelque 465 survivants. Bon nombre des corps repêchés sont enterrés près de Métis-sur-Mer, au Québec, où un monument marque leur souvenir.

Image captée par sonar par Parcs Canada et le Service hydrographique du Canada, 2013
© Parcs Canada / 2013

En 2013, Parcs Canada et le Service hydrographique du Canada ont effectué par télédétection, à l’aide d’un sonar latéral et d’un écho-sondeur multifaisceaux, un levé du site de l’épave. Le Service d’archéologie subaquatique de Parcs Canada prévoit étudier davantage le site cet été, lorsque l’Agence soulignera le 100e anniversaire de la tragédie.

Le site du naufrage du RMS Empress of Ireland est un lieu historique national. Pour en savoir plus sur l’histoire et l’archéologie maritimes, lisez les articles À la recherche de l’Erebus et du Terror : mystère dans l’Arctique  et L’épave du Elizabeth and Mary repose dans les eaux du fleuve Saint-Laurent. Cliquez ici et ici pour en savoir plus sur les projets de recherche archéologique subaquatique de Parcs Canada.

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