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Les femmes autochtones ne sont pas en reste

Semaine du lundi 17 novembre 2014

Le 23 novembre 1914, peu après le début de la Première Guerre mondiale, des membres de la toute nouvelle Ligue patriotique des femmes des Six-Nations (LPFSN) écrivent au ministère des Affaires indiennes pour demander un appui financier au gouvernement fédéral. En effet, ces femmes souhaitent soutenir leurs proches qui combattent en Europe en leur faisant parvenir des chaussettes, des conserves et des petites douceurs. C’est leur façon d’appuyer les quelque 300 hommes des Six-Nations de la rivière Grand en Ontario - l’une des nombreuses Premières Nations du Canada qui a contribué à l’effort de guerre - qui se sont portés volontaires pour le front.

Monument aux anciens combattants autochtones à Ottawa
© Commission de la capitale nationale

Le projet avait pris naissance plus tôt pendant l’automne, lorsqu’un groupe de femmes de Brantford avait communiqué avec les femmes des Six-Nations pour les aider à mettre sur pied la LPFSN pour soutenir les hommes des Six-Nations qui combattaient outre‑mer. La première initiative de la LPFSN, à l’instar de toutes les collectivités du Canada qui participent au même effort, consiste à fournir des chaussettes aux soldats. Dans les tranchées boueuses de l’Europe, des chaussettes chaudes et sèches sont une défense précieuse contre les engelures et le pied des tranchées, dangereux mal causé par l’exposition prolongée des pieds à l’humidité. Les femmes de la LPFSN tricotent donc autant de chaussettes que possible. L’une d’elles réussit d’ailleurs l’exploit d’en tricoter à elle seule 225 paires!

À plusieurs reprises pendant la guerre, le Conseil des Six‑Nations - qui détient le pouvoir local et qui s’est prononcé contre l’enrôlement - refuse d’appuyer financièrement la Ligue pour qu’elle puisse acheter de la laine. Finalement, le Conseil consent son aide à l’automne de 1916, lorsque la Ligue rassure ses membres que toutes les chaussettes et autres douceurs iront aux hommes des Six-Nations qui combattent au front.

Les activités bénévoles de la LPFSN finissent par s’étendre au de delà des besoins des soldats autochtones. Un blocus allemand, mis en place à la fin 1914, provoque une famine généralisée en Belgique. La Ligue collabore avec d’autres Canadiennes de tout le pays pour envoyer des articles tricotés, des couvertures et des gelées faites maison à la Belgique, dans le cadre d’une mission de secours.

Le travail des Autochtones et de leurs communautés, tant chez eux qu’à l'étranger, s’inscrit dans le contexte du Service militaire des Autochtones pendant la Première Guerre mondiale, un événement désigné d’importance historique nationale.

Cette année marque le 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale. Pour plus d’information sur les Six-Nations et la Première Guerre mondiale, lisez Une légende de la course à pied est née, Une future héroïne de guerre et La mobilisation des réservistes dans les archives de Cette semaine en histoire.

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