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Le capitaine McClintock révèle le sort de l’expédition perdue de Franklin dans l’Arctique

Semaine du lundi 15 septembre 2014

En septembre 1859, après avoir cherché sur le terrain et dans les eaux arctiques pendant plus de deux ans, le capitaine Francis Leopold McClintock et son équipage à bord du Fox retournent enfin à Londres, en Angleterre. Le capitaine McClintock dirige la dernière grande expédition chargée de retracer l’explorateur britannique sir John Franklin et les 134 membres d’équipage du HMS Erebus et du HMS Terror. Ceux-ci ont été aperçus pour la dernière fois en août 1845, alors qu’ils cherchaient à découvrir le fameux passage du Nord-Ouest. L’expédition du capitaine McClintock succède à quelque 35 expéditions de recherche infructueuses commandées par l’Amirauté britannique et lady Jane Franklin. Inébranlable, lady Franklin achète le Fox et retient les services du capitaine McClintock pour tenter une dernière fois de retrouver son mari.

Le capitaine McClintock dirige la dernière grande expédition à la recherche de Franklin et de ses compagnons.
© British Library Board
McClintock et l’équipage atteignent l'île Beechey, au Nunavut, le premier quartier d’hivernage de Franklin et l’endroit où l’explorateur a été vu pour la dernière fois. Se fondant sur des indices et des témoignages recueillis auprès des Inuits de la région par John Rae durant une expédition antérieure, ils poursuivent leur route vers le sud et atteignent l’île King William en avril 1859.

Les Inuits de la région racontent au capitaine McClintock qu’ils auraient vu un navire naufragé et des hommes mourir prisonniers des glaces. C’est toutefois la découverte d’un journal de bord de l’expédition Franklin, composé de deux messages distincts laissés sur une feuille de papier dans un cairn – les seuls écrits connus de l’expédition perdue – qui donne le plus froid dans le dos. Dans le premier message, daté de mai 1847, on indique que tout va bien. Mais le ton s’assombrit dans le second message. La note, écrite plus d’un an plus tard, révèle que Franklin, de même que 24 membres d’équipage, sont morts. Les survivants ont été contraints d’abandonner les navires, demeurés prisonniers d’une mer de glace impitoyable. Le capitaine McClintock et ses hommes découvrent également une piste laissée par les marins qui tentaient de regagner le sud, mais aucune trace qu’ils auraient survécu. Il ne fait maintenant plus l’ombre d’un doute que sir John Franklin et ses hommes ont péri sur l’île King William, seuls et désespérés.

McClintock et son équipage découvrent les corps gelés de certains des membres de l'équipage du HMS Erebus et du HMS Terror.
© Collection Russell Potter

À son retour en Angleterre, le capitaine McClintock est fait chevalier et reçoit le titre de « découvreur du sort de Franklin ». Aujourd’hui encore, les mystères de l’expédition perdue de Franklin demeurent un sujet de curiosité.

Entre autres capitaines d’expédition, sir Francis Leopold McClintock est une personne d’importance historique nationale. Sir John Franklin lui-même est également une personne d’importance historique nationale. L’île Beechey, une escale importante dans l’expédition de recherche, et les épaves des navires HMS Erebus et HMS Terror sont des lieux historiques nationaux.

Cet été, l’équipe d’archéologie sous-marine de Parcs Canada a localisé l’un des navires historiques (l’Erebus ou Terror) de l’expédition de Franklin! Après six années de recherches actives, et avec l'aide d’organismes partenaires des secteurs public, privé et à but non lucratif, l’un des plus grands mystères de l’histoire maritime est près d’être résolu. Pour en savoir plus, consultez L’expédition de recherche de 2014 pour trouver les navires de Franklin, sur le site web de Parcs Canada.

Pour en savoir davantage au sujet de sir John Franklin et des expéditions historiques lancées pour le retrouver, lisez les articles suivants dans les archives de Cette semaine en histoire : Perdus dans l’Arctique, La générosité des Autochtones : la clé du succès de Franklin, À la recherche de l’Erebus et du Terror : mystère dans l’Arctique, et John Rae : un explorateur qui n’a pas froid aux yeux. Consultez aussi le livre de Owen Beattie et de John Gieger intitulé Frozen in Time: The Fate of The Franklin Expedition.

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