Cette semaine en histoire

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Bâtir des ponts durant la Première Guerre mondiale

Semaine du lundi 17 février 2014

Le 21 février 1917, le major-général Willoughby Gwatkin demande l’autorisation de mettre le cap sur l’Europe  avec le 2e Bataillon de construction, entièrement composé de Noirs, pour participer à la Première Guerre mondiale. Malgré les préjugés raciaux, le bataillon servira au Canada et en Europe, et construira des ponts, des routes et des chemins de fer.

Des soldats du 2e Bataillon de construction, (CEC)
© Windsor’s Community Museum (fichier P6110)

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, plusieurs Canadiens sont prets à appuyer l’effort de guerre, et les Canadiens noirs ne font pas exception. Cependant, bon nombre d’entre eux sont refoulés aux postes de recrutement. Comme aucune politique officielle ne s’oppose au recrutement des Canadiens noirs, on leur répond habituellement que c’est une « guerre de blancs ». Par ailleurs, même si certains parviennent à s’enrôler, les autres soldats hésitent à combattre à leurs côtés.

Une fois la guerre bien engagée, le besoin de main-d’œuvre devient impérieux et le gouvernement ne peut plus ignorer ces hommes qui désirent se joindre au combat. La solution consiste donc à créer un bataillon distinct, basé à Pictou, en Nouvelle-Écosse, sous le commandement du lieutenant-colonel Daniel Hugh Sutherland. Contrairement aux commandants des autres unités, Sutherland relève directement du Conseil de la milice, à Ottawa, afin d’éviter les problèmes de racisme dans la chaîne de commandement. En outre, l’unité est autorisée à recruter partout au pays, puisque peu d’autres bataillons sont enclins à accepter des Noirs comme recrues. Si la plupart des soldats du 2e Bataillon de construction sont des Néo-Écossais, certains proviennent néanmoins de diverses localités du Canada, dont Saint John (N.-B.), Dresden (Ontario) et Montréal (Québec). Quelque 170 volontaires afro-américains complètent les rangs. 

Des affiches comme celle-ci servaient à recruter à l'échelle du Canada pour le 2e Bataillon de construction
© Archives Esther Clark Wright, Université Acadia
Le 28 mars 1917, le 2e Bataillon de construction s’embarque pour Liverpool, en Angleterre, où il doit joindre les rangs du Corps forestier canadien, une partie du Corps expéditionnaire canadien (CEC), en France. Certains members du 2e batallion sont envoyés dans les tranchées, mais celui-ci s’active surtout hors des champs de bataille. En effet, il prépare du bois de sciage pour aménager des tranchées, et il construit des routes, des ponts et des chemins de fer.

Le 2e Bataillon de construction (C.E.C.) a été désigné événement d’importance historique nationale en 1992 pour avoir surmonté la discrimination et contribué à l’effort de guerre du Canada. Pour en savoir plus sur l’importance de ce bataillon lisez Le premier bataillon noir du Canada.

Février est le mois de l’histoire des Noirs! Pour en apprendre plus sur ce patrimoine, lisez les récits suivants dans les archives de Cette semaine en histoire : William Neilson Hall reçoit la Croix de Victoria, La lutte contre la discrimination raciale et Africville : la vie après la mort.

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