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De guerrier à romancier

Semaine du lundi le 12 mai 2014

Le 18 mai 1828, le major John Richardson rédige la préface de son poème épique intitulé Tecumseh. Il s’agit de la deuxième publication importante de ce soldat devenu écrivain, qui est aussi l’un des premiers romanciers nés au Canada.

Richardson, tenant le drapeau, en compagnie d’autres héros de la guerre de 1812 : Brock, Tecumseh et de Salaberry. Cette sculpture de Tyler Fauvelle est intitulée « We See Thee Rise » (www.tylerfauvelle.ca)
© Tyler Fauvelle
Richardson naît le 4 octobre 1796 dans la région du Niagara, en Ontario. Il passe son enfance avec ses grands-parents à Détroit, où les contes d’autrefois que lui raconte sa grand-mère suscitent en lui un amour du récit. Il rejoint ses parents à Amherstburg, en Ontario, et demeure avec eux jusqu’au déclenchement de la guerre de 1812. À 15 ans, il s’enrôle alors dans l’armée britannique. Il rencontre les héros que sont Tecumseh et le général Brock, et participe aux célèbres batailles du fort Détroit, de Frenchtown et de Moraviantown. Ces événements dramatiques marquent profondément le jeune homme et inspireront la plupart de ses écrits.

Après la guerre, Richardson habite successivement à Londres, en Angleterre, et à Paris, en France, et poursuit son service militaire dans les Antilles et en Espagne. En 1826, un périodique littéraire publie en feuilleton son récit de la guerre de 1812 sous le titre A Canadian Campaign. En 1832, il épouse sa bien-aimée, Maria Drayson, et publie Wacousta, une histoire d’amour, de haine et de vengeance qui se déroule pendant la guerre de 1812. L’œuvre reçoit de bonnes critiques pour son « originalité », sa « vérité » et sa « force », et connaît un grand succès aux États-Unis, où elle sera adaptée au théâtre. Il s’agit non seulement d’une réalisation personnelle importante pour Richardson, mais aussi d’une œuvre marquante sur le plan culturel, car elle démontre que l’histoire du Canada est un sujet valable.

Portrait de Richardson en 1848, décoré des médailles reçues pour son service en Espagne.
© Bibliothèque et Archives Canada

En 1838, Richardson revient au Canada et connaît 11 années de malheur : les journaux qu’il fonde ne survivent pas longtemps, sa femme meurt et ses ennemis personnels et politiques ne lui laissent aucun répit. Cette situation pousse Richardson à partir tenter sa chance à New York, qui connaît à l’époque un éveil littéraire. Là-bas, les périodiques dans lesquels sont publiées ses œuvres Hardscrabble, Wau-nan-gee et Westbrook doivent être réimprimés à plusieurs reprises pour répondre à la demande populaire. Cependant, même ce succès ne suffit pas à lui procurer une sécurité financière.

Richardson meurt en 1852 de problèmes de santé liés à la pauvreté. Il est inhumé dans une tombe anonyme.

Une plaque installée dans la ville ontarienne d’Amherstburg commémore le major John Richardson et lui rend hommage pour sa contribution à la littérature canadienne et sa désignation comme personne d’importance historique nationale.

Célébrons le bicentenaire de la guerre de 1812! Pour en savoir plus sur les chefs militaires que Richardson a connus, consultez Mort d’un guerrier et La naissance de sir Isaac Brock. Pour plus d'information sur les batailles auxquelles il a participé, lisez les articles Les Britanniques perdent du terrain et Victoire au fort Détroit! des archives de Cette semaine en histoire. Vous pouvez aussi visiter la collection d’artéfacts en ligne de Parcs Canada pour en savoir plus sur la guerre de 1812.

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