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La volonté farouche des Néo-Écossais

Semaine du lundi le 3 février 2014

Le 3 février 1758, le Bureau du commerce et des plantations (Board of Trade and Plantations) – ministère britannique responsable du développement des colonies – envoie un avis au gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, le sommant encore une fois d'établir une assemblée législative élue dans la colonie. Cette fois, le gouverneur se plie aux instructions et crée le premier gouvernement constitué de représentants élus au sein de ce qui allait devenir le Canada.

Ce timbre émis en 1958 commémore les 200 ans de la fondation de l’Assemblée de la Nouvelle-Écosse
© Société canadienne des postes / Bibliothèque et Archives Canada / POS-000432

Depuis la prise de la Nouvelle-Écosse par les Britanniques en 1713 et la déportation des Acadiens amorcée en 1755, les colons en provenance de territoires britanniques en Europe et en Amérique considèrent qu'il est de leur droit, en tant que sujets britanniques, de bénéficier d’une forme de gouvernement représentatif.

Lorsque la ville de Halifax est fondée en 1749, on promet aux colons qu’une assemblée élue sera constituée. Toutefois, même si la population augmente au fil des ans, les colons constatent que le pouvoir législatif reste concentré entre les mains du gouverneur et des membres du conseil nommés par ses soins.

 En 1754, le juge en chef de la Nouvelle-Écosse, Jonathan Belcher, statue que le gouverneur Lawrence n’a pas besoin d’une assemblée élue parce que la colonie est un conquête britannique, et non un établissement de la Couronne. Le gouverneur Charles Lawrence abonde dans le même sens. Il croit également qu’une assemblée serait inutile étant donné que seule Halifax est assez grande pour être considérée comme une municipalité et qu’elle élit ses propres représentants. Lawrence s’oppose donc aux ordres répétés du Bureau du commerce et des plantations, au nom duquel il administre la Nouvelle-Écosse, et refuse d’établir une assemblée élue.

La première séance de l’Assemblée de la N.-É.,  dans un palais de justice à Halifax
© Bibliothèque et Archives Canada / Charles Walter Simpson / no d’acc. 1991-35-21

L’indignation se répand en Nouvelle-Écosse alors que les années passent et les d’élections vissant à constituer une chambre d’assemblée sont perpétuellement reportées. Les opposants politiques du gouverneur Lawrence font circuler des pétitions et des opuscules dénonçant sa mauvaise gestion de la colonie et son refus d’établir une assemblée élue. Ils vont même jusqu’à écrire des lettres directement au Bureau du commerce et des plantations. Finalement, après avoir reçu l’ordre du Bureau daté du 3 février 1758, le gouverneur cède à la pression. En juillet de la même année, la Nouvelle-Écosse tient sa toute première élection. Seuls les hommes possédant une terre ont le droit de voter. Halifax compte quatre représentants, Lunenburg, deuxième ville en importance, en compte deux, et les autres membres sont élus par l’ensemble de la colonie.

La Première Asssemblée du Canada a été désignée événement d’importance historique nationale afin de souligner que la Nouvelle‑Écosse a été un précurseur dans le développement de la démocratie canadienne. Vous pouvez lire des extraits du parcours politique de la Nouvelle-Écosse dans les articles suivants des archives de Cette semaine en histoire : Le père du gouvernement responsable au Canada, Joseph Howe : le tribun de la Nouvelle-Écosse et « Une femme douée et sage ».

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