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Un sauvetage impossible

Semaine du lundi le 6 janvier 2014

Le 11 janvier 1914, le Karluk, porte-drapeau de l’expédition canadienne dans l’Arctique, est broyé par les glaces au nord de la Sibérie. L’équipage se réfugie sur un radeau de glace adjacent, mais à la dérive dans l’Arctique, leurs chances de survie sont minces.

Le Karluk pris dans les glaces au nord de l’Alaska
© D’après Fitzhugh Green, Bob Bartlett Master Mariner (New York: G.P. Putnam's Sons, 1929) 152. [Image fournie par Newfoundland and Labrador Heritage]
Le Karluk quitte Victoria (Colombie-Britannique) en juin 1913. L’expédition, qui a pour mission de mener des recherches scientifiques et de découvrir des terres inconnues au nord des Territoires du Nord-Ouest, est dirigée par Vilhjálmur Stefánsson. Le 12 août, le temps tourne et le navire est pris dans la glace. À la mi-septembre, Stefánsson et cinq membres de l’équipage décident de franchir les glaces pour aller chasser sur le continent et trouver de la nourriture. Ils laissent à bord le capitaine, Robert Bartlett, 25 autres personnes, 22 chiens et un chat. Deux jours plus tard, la glace cède.

Les sombres journées d’hiver arrivent, et le navire continue de dériver au gré de la banquise. Hommes et femmes se préparent à affronter le pire en cousant des vêtements chauds et en bâtissant des abris sur la glace. Le 10 janvier, la coque cède sous la pression des glaces et l’eau inonde le navire. Avant qu’il ne sombre, les passagers transportent l’équipement essentiel dans les abris d’urgence.

Au terme d’un périple de deux semaines, le capitaine Bartlett et les survivants arrivent à l’île Wrangel. Ceux-ci y restent pour établir un camp pendant que Bartlett, accompagné de Kataktovik, un chasseur inupiat, et d’un attelage de chiens de traîneau, met le cap sur la Sibérie. Après un trajet exténuant de 1 100 km, Bartlett rejoint un navire qui fait route vers une base de l’armée américaine à Saint Michael, en Alaska. Une fois rendu, il appelle des secours. Nous sommes maintenant le 29 mai.

Des survivants du Karluk dressent le pavillon rouge, ancien drapeau du Canada, sur l’île Wrangel
© Photo fournie par la Dartmouth College Library
Au total, 11 hommes ont péri à la suite du naufrage et de l’hiver. Les survivants, réunis sur l’île Wrangle, ont abandonné tout espoir. Ils n’en croient pas leurs yeux lorsque l’impossible se produit : une mission de sauvetage! Le 7 septembre 1914, l’arrivée de la goélette canadienne King and Winge met fin à un chapitre extrêmement pénible de leur vie.

Vilhjálmur Stefánsson, chef de l’expédition, et le capitaine Robert Abram Bartlett ont tous deux été désignés personnes d’importance historique nationale en raison du rôle qu’ils ont joué dans l’Éxpédition canadienne dans l'Arctique de 1913 à 1918, un événement historique national.

Pour en savoir plus sur l’exploration de l’Arctique canadien, qui célèbre cette année ses 100 ans, consultez l’article Un explorateur cartographie des terres inconnues, Ce n'est pas le Pacifique ni un lac brumeux, c'est l'Arctique!Perdus dans l'Arctique et À la recherche de l'Erebus et du Terror : mystère dans l'Arctique. Suivez aussi Parcs Canada dans sa recherche des navires perdus de Franklin, les HMS Erebus et Terror!

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